A travers son nouvel ouvrage intitulé Little Brother (Gallimard, 122 p.), Raphaël Enthoven prolonge son décryptage philosophique des objets, habitudes et frasques du quotidien qu'il avait entamé en 2013 dans Matière première avec, comme le suggère son titr...

A travers son nouvel ouvrage intitulé Little Brother (Gallimard, 122 p.), Raphaël Enthoven prolonge son décryptage philosophique des objets, habitudes et frasques du quotidien qu'il avait entamé en 2013 dans Matière première avec, comme le suggère son titre, une attention particulière cette fois-ci sur ce qui est susceptible de nous aliéner. L'observation est la plupart du temps maligne, pertinente et cruelle. Il en va ainsi d'Uber, " la barbarie à visage humain ". Pour Enthoven, " Uber, c'est le prénom du luxe pour tous, l'autre monde possible du transport individuel, ou le châtiment d'une profession que l'absence de concurrents dispensait jusqu'ici de courtoisie ". Pour illustrer le talent du philosophe écrivain, voici donc quelques devinettes : quel concept se cache derrière les formules suivantes ? Derrière " un exercice de surveillance de moi-même par moi-même " ? Le selfie. " Leur omniprésence est à la mesure de leur néant " ? Les émoticônes. " Son immortalité lui a coûté la vie " ? Le sac plastique. " Une caresse qui ne dérange (ni n'oblige) vraiment personne " ? Les like. " Une foule qui s'ignore, à qui personne n'a jamais appris que tendre le bras, c'était être manipulé " ? Les adeptes de la quenelle. Un petit livre éclairant et savoureux. GÉRALD PAPY