Le Vif/L'Express : A votre avis, pourquoi la Tunisie s'est-elle adressée à vous pour devenir consul honoraire de Tunisie ?

Didier Reynders : Mes premiers contacts avec la Tunisie remontent à très longtemps, bien avant 2004. La province de Liège est jumelée avec la province de Sousse. C'est par ce biais-là que les premiers contacts ont eu lieu. La Tunisie disposait déjà d'un consul honoraire du côté néerlandophone, elle cherchait quelqu'un à Liège.
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Didier Reynders : Mes premiers contacts avec la Tunisie remontent à très longtemps, bien avant 2004. La province de Liège est jumelée avec la province de Sousse. C'est par ce biais-là que les premiers contacts ont eu lieu. La Tunisie disposait déjà d'un consul honoraire du côté néerlandophone, elle cherchait quelqu'un à Liège. J'avais déjà reçu plusieurs demandes, la plupart émanant de pays asiatiques. L'avantage de la Tunisie, c'est qu'elle se trouvait à une distance raisonnable de la Belgique. De plus, un nombre non négligeable de ressortissants de ce pays vivent chez nous. Il était intéressant de les aider, d'autant qu'un certain nombre d'entreprises belges étaient elles aussi intéressées par une présence en Tunisie. Tout ça a été affiché de façon transparente. C'est Louis Michel, alors ministre des Affaires étrangères, qui a signé l'autorisation nécessaire. Immédiatement. Je l'ai aussitôt fait savoir à l'ambassadeur de Tunisie. A l'époque, j'étais déjà vice-Premier ministre, mais je ne savais pas que j'allais rester encore dix ans au gouvernement fédéral. Raison de plus. Si vous voulez venir en aide à certaines personnes, y compris à des Belges qui essaient de développer leurs activités économiques, c'est probablement plus efficace de le faire là où ces personnes sont aux prises avec des régimes compliqués. Je ne vais pas vous donner un débriefing détaillé. Ce n'est pas comme ça qu'on s'y prend quand on veut que son action soit efficace. Mais, parmi les actuels responsables tunisiens, plusieurs savent que les activités consulaires ont parfois permis d'aider des personnes sur le territoire belge. J'ai fait mon premier voyage comme ministre des Affaires étrangères en Tunisie. Je peux vous dire que les autorités tunisiennes étaient ravies de me voir. J'ai été reçu à la fois par le président, le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères. Plus de 200 entreprises belges sont présentes en Tunisie. Les autorités tunisiennes sont très intéressées par la poursuite de ces contacts. Et le fait que j'ai de bons contacts en Tunisie aide encore plus en la matière. Vous savez, lors de la dernière élection présidentielle où Ben Ali a été réélu avec un score stalinien, le Parlement belge a procédé à une analyse détaillée des fraudes. C'est assez unique. On a regardé ça avec beaucoup de vigilance. Nos amis tunisiens en ont gardé un bon souvenir. ENTRETIEN : F.B.