Ils se sont côtoyés tout au long de la législature (et parfois depuis plus longtemps). Aujourd'hui, ils sont tous les quatre candidats : les chefs de groupe du MR Serge Kubla, du CDH Michel de Lamotte, d'Ecolo Bernard Wesphael et le porte-parole wallon du PS Paul Furlan (Maurice Bayenet, chef de groupe sortant, ne se représente plus). Comment voient-ils ces élections régionales en Wallonie ? Quels résultats en attendent-ils ? Quelles sont les coalitions qui leur paraissent possibles ?
...

Ils se sont côtoyés tout au long de la législature (et parfois depuis plus longtemps). Aujourd'hui, ils sont tous les quatre candidats : les chefs de groupe du MR Serge Kubla, du CDH Michel de Lamotte, d'Ecolo Bernard Wesphael et le porte-parole wallon du PS Paul Furlan (Maurice Bayenet, chef de groupe sortant, ne se représente plus). Comment voient-ils ces élections régionales en Wallonie ? Quels résultats en attendent-ils ? Quelles sont les coalitions qui leur paraissent possibles ? " Nous ne pouvons pas nous attendre à répéter le résultat exceptionnel de 2004 (36 % et 34 sièges sur 75). Notre référence, c'est 2007, avec la volonté de rester le premier parti en Wallonie. Nos listes privilégient un ancrage local fort, avec beaucoup de bourgmestres et d'échevins. Ce sont les listes du renouveau, avec plus de rénovateurs. Mais ma crainte, c'est évidemment que les affaires n'occultent un bilan excellent et un projet concret, et que la facture soit payée par la relève, les nouveaux porteurs du message socialiste. "" Nous serons les premiers à Bruxelles, en Communauté française et probablement en Wallonie. Ce serait un déni de démocratie si, ayant gagné, nous n'étions pas associés dans une majorité. Nous avons sans doute quelques électeurs crispés par la crise, mais ils savent que la liberté d'entreprendre et une fiscalité pas trop lourde sont le gage d'un job pour leurs enfants. C'est de l'intox de dire que la crise, c'est la faute au libéralisme. Nos listes révèlent une génération de quadras éclos durant ces cinq années d'opposition. " " Il faut que l'électeur reconnaisse le bon travail que nous avons effectué : 90 % du programme a été réalisé. Le Code forestier par exemple, qui avait 175 ans, a été rénové, preuve qu'on peut, par des textes, changer la Wallonie. On est fier de notre bilan. La campagne a été importante par rapport aux indécis, car il ne faut pas que le dépit l'emporte sur le projet. Il faut être pédagogique, convaincre les gens. Le renouvellement, chez nous, est général (Marie-Dominique Simonet, Benoît Lutgen, Dimitri Fourny, Melchior Wathelet). " Ce serait inespéré, mais on y pense : Ecolo pourrait devenir le deuxième parti en Wallonie. Il y a plus que de la sympathie pour nous, nous représentons l'espoir d'un changement profond, sur le plan de l'éthique ou de la bonne gouvernance sans doute, mais aussi sur le plan du développement durable. La cata ? Ce serait de ne faire que 6 sièges ? Mais c'est ce qu'on espère faire rien qu'en province de Liège. Malgré les attaques venant des vieux partis ces dernières semaines, visant à faire douter nos électeurs. "" Le MR n'assume pas la crise. Ecolo est le parti de la contestation, qui a des dogmes, qui a du mal à prendre des décisions. Nous, on consulte, mais on décide. Avec le CDH, on a fait du bon travail, c'est un partenaire correct, loyal, mais en éthique plutôt conservateur. Une alliance PS-MR ? Elio Di Rupo l'a totalement exclue. Une coalition PS-CDH risque d'être trop courte, il faudrait l'élargir à Ecolo, dans l'olivier. Une majorité MR-CDH-Ecolo présenterait par contre de grands risques pour la Wallonie. "" Gangrené par vingt et un ans de pouvoir, le PS est repris dans le tourbillon des affaires qui ont choqué l'opinion (Donfut, Biefnot) et va connaître une très lourde défaite par rapport à 2004. Le MR ne s'alliera jamais avec ce PS-là, et le PS et le CDH ne seront plus à même de gouverner seuls. On va donc vers une option de gauche, renforcée par Ecolo dans l'olivier, ou bien vers une équipe attachée à la rigueur budgétaire et à l'éthique. Il faudra que Ecolo montre qu'il est attaché à l'éthique et respecte les souhaits de l'électeur. "" Le dernier élu par circonscription, en 2004, était quasi chaque fois un socialiste. Le PS pourrait donc bien connaître une raclée technique, avec une chute en sièges proportionnellement plus importante que la chute en pourcentage. Le PS va retrouver son étiage normal. Quelle coalition ? Nous avons les mains libres, c'est à l'électeur de faire son choix. On verra sur la base des chiffres. Nous n'avons aucune exclusive, pour autant que nos partenaires soient d'accord de remettre l'homme au centre des préoccupations. "" La question est de savoir quelle tripartite sera formée. PS-MR, aucun des deux n'en veut plus. Ecolo sera donc incontournable, et nous attendons avec beaucoup de tranquillité d'esprit. Nous, on a les mains libres, sans a priori ni arrière-pensées. Nous ne sommes pas obsédés par le pouvoir. Ce qui compte, c'est de mettre en £uvre notre plan vert pour la Wallonie, car nous n'allons pas accepter qu'elle fonctionne encore pendant cinq ans comme cela. Nous n'irons pas dans une majorité si on ne sert à rien. "MICHEL DELWICHE