Partout dans le monde, on s'inquiète de la dégradation de l'environnement, de la disparition de nombreuses espèces animales et végétales, mais personne ne s'est préoccupé de l'extinction de l'homo sapiens (l'homme savant, sage) de nos contrées.
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Partout dans le monde, on s'inquiète de la dégradation de l'environnement, de la disparition de nombreuses espèces animales et végétales, mais personne ne s'est préoccupé de l'extinction de l'homo sapiens (l'homme savant, sage) de nos contrées. On pourrait situer le début d'une mutation de cette espèce au milieu du xxe siècle. La fin de la Seconde Guerre mondiale et la période de croissance qui suivit, le développement et la mondialisation de l'économie, l'arrivée de la sécurité sociale, la déclaration des droits de l'homme et sa cohorte de droits associés illimités, l'exacerbation des droits individuels ont engendré des mutations et favorisé ainsi l'apparition de l'homo praedator (homme profiteur). Ce dernier, dont les seules préoccupations sont la recherche du profit, la satisfaction de son ego et le culte du moi, a conduit à l'éclatement du sens de la responsabilité collective. Cet homo praedator qui excelle dans la médiocrité semble à son tour menacé ; la faillite des démocraties, de l'Etat providence, le délitement des valeurs, le laxisme moral signent sa disparition. Seul un bouleversement touchant les sphères économiques, politiques et comportementales pourrait éviter l'extinction de l'espèce humaine ; une mutation pourrait, osons l'espérer, donner naissance à un homo civicus (l'homme citoyen), qui pourrait retrouver l'intérêt d'une vie plus simple, harmonieuse, respectueuse des hommes et de l'environnement. Un homme très proche de la sobriété heureuse préconisée par Pierre Rabhi. A chacun d'y contribuer. Il est peut-être encore temps. Il n'est pas donné suite aux lettres ouvertes ou portant des adresses incomplètes. La rédaction raccourcit certaines lettres pour permettre un maximum d'opinions. Kenneth Gailliez, La Buissière