Ils sont devenus les temples du négoce mondialisé et standardisé. Ces malls, centres commerciaux de la démesure agrémentés d'attractions spectaculaires, la journaliste suisse Rinny Gremaud a eu la bonne idée de leur consacrer un voyage-reportage dont le récit est conté dans Un monde en toc (Seuil, 174...

Ils sont devenus les temples du négoce mondialisé et standardisé. Ces malls, centres commerciaux de la démesure agrémentés d'attractions spectaculaires, la journaliste suisse Rinny Gremaud a eu la bonne idée de leur consacrer un voyage-reportage dont le récit est conté dans Un monde en toc (Seuil, 174 p.). Entre ceux d'Edmonton (Canada), Pékin (Chine), Kuala Lumpur (Malaisie), Casablanca (Maroc) et celui de Dubaï (Emirats arabes unis), l'auteure observe peu de différences. Même agencement favorisant les grandes marques mondialisées et rejetant les enseignes locales à la périphérie, même volonté d'accueillir les touristes dans un environnement connu, même souci d'installer le visiteur dans un lieu de vie où acheter, manger et se divertir pourra le ravir une journée entière. Le plus emblématique de ces complexes dédiés à la consommation est le Dubaï Mall. Côté positif, il est situé, au pied de la tour Burj Khalifa, dans " un bâtiment très réussi [...] qui impressionne positivement ". Côté négatif, " à Dubaï, la forme particulière que prend le tourisme confond le luxe et la domination sociale, et renvoie à une hiérarchie féodale où la jouissance ne saurait prendre appui que sur la servilité d'autrui ". Face aux concepteurs de ces monstres de consommation, souvent des self-made-men, et leurs propagandistes issus des grandes écoles de gestion, Rinny Gremaud a pris le parti des petits vendeurs autochtones et des femmes de ménage asiatiques surexploitées, ce qui ajoute à l'intérêt de son livre.