Vainqueur de la descente, l'une des épreuves reines du rendez-vous hivernal, le skieur autrichien Fritz Stroble a causé la première surprise des Jeux olympiques d'hiver. A la suite du forfait de Hermann Maier, également Autrichien, le champion absolu de la discipline, absent à la suite d'un accident de moto, il a battu le grandissime favori, son compatriote Stephan Eberharter. Ainsi, le ton a été donné d'emblée: le ski alpin reste prioritairement sous hégémonie autrichienne.
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Vainqueur de la descente, l'une des épreuves reines du rendez-vous hivernal, le skieur autrichien Fritz Stroble a causé la première surprise des Jeux olympiques d'hiver. A la suite du forfait de Hermann Maier, également Autrichien, le champion absolu de la discipline, absent à la suite d'un accident de moto, il a battu le grandissime favori, son compatriote Stephan Eberharter. Ainsi, le ton a été donné d'emblée: le ski alpin reste prioritairement sous hégémonie autrichienne.A Salt Lake City, dans l'Utah (Etats-Unis), l'attention ne se porte toutefois pas seulement sur les performances des athlètes. L'onde de choc qui a secoué le monde entier depuis le 11 septembre dernier n'a, bien sûr, pas épargné le sport. Dès lors, le mouvement olympique, déjà ébranlé par le dopage et par la corruption qui a précédé le choix du site de Salt Lake City, se trouve confronté à une épreuve supplémentaire: la menace terroriste. Le problème n'est pas nouveau. "Depuis les attentats anti-israéliens, à Munich, en 1972, la sécurité des Jeux a toujours été l'objectif n°1 du CIO (Comité international olympique)", rappelle notre compatriote le Dr Jacques Rogge, son nouveau président. Les mesures de sécurité prises à Salt Lake City après les événements de septembre dernier ont été jugées maximales. La ville des mormons peut même faire état d'un nouveau record. Celui du coût le plus élevé de la sécurité: 320 millions de dollars, soit un cinquième du budget total des Jeux d'hiver les plus coûteux de l'histoire. Les sports d'hiver n'échappent pas davantage au problème du dopage. En février 2001, aux championnats du monde de ski de fond, le contrôle de six représentants de l'équipe finlandaise, des hommes et des femmes, s'est révélé positif. Ce dopage massif et orchestré a jeté sur le ski de fond une ombre comparable à celle qui a soudain enveloppé le cyclisme lors des révélations de dopage organisé lors du Tour de France 1998. Cette supercherie qui a ébranlé le pays roi du ski nordique a plongé cette belle discipline dans des soupçons dont elle ne s'est pas encore débarrassée. Car, au-delà du cas finlandais, la loi du silence règne toujours dans ce sport exigeant et tout autant exposé au dopage que le cyclisme et l'athlétisme, mais qui avait assez étonnamment échappé jusqu'alors aux tricheries avérées. A présent que des méthodes de contrôle urinaires et sanguins seront d'application, notamment pour détecter l'EPO, les athlètes se montreront particulièrement vigilants en Utah. Outre le souci de la sécurité, la lutte contre le dopage figure, en effet, parmi les premières priorités du Dr Rogge. Si le président est le Belge le plus populaire des Jeux, tout spécialement parce qu'il partage la vie austère des sportifs au village olympique, il n'est cependant pas notre seul représentant. Six athlètes belges (un record de participation) tenteront également de sortir de l'anonymat. A la suite du patineur artistique Kevin Van der Perre, actif durant la première semaine des Jeux, ils entreront essentiellement en lice au cours de la seconde semaine. Le patineur de vitesse Bart Veldkamp, un Néerlandais naturalisé belge pour la bonne cause du sport belge, constitue l'unique chance théorique de médaille. En 1992, aux Jeux d'Albertville, il avait décroché l'or sur 10 000 mètres pour les Pays-Bas. Puis, en 1994, à Lillehammer (Norvège), la médaille de bronze sur la même distance. Et, en 1998, à Nagano (Japon), il gagnait à nouveau la médaille de bronze, sur 5 000 mètres, cette fois, et pour le compte de la Belgique. A présent, déjà âgé de 34 ans, il aura une dernière carte à jouer, le 22 février, sur 10 000 mètres, sa distance de prédilection. En fait, l'attention des Belges se portera principalement sur la compétition de short-track, le patinage de vitesse sur petite piste, dans laquelle quatre jeunes compatriotes sont engagés. L'absence de montagnes et de neige chez nous explique pourquoi le COIB (Comité olympique et interfédéral belge) a, depuis une dizaine d'années, privilégié cette discipline. Il s'agit du seul sport d'hiver où les pratiquants belges peuvent espérer des conditions d'entraînement égales à celles dont bénéficient les champions d'autres pays. Mais sans résultats réellement très probants jusqu'à présent. Il est apparu en effet que, dans ce sport jeune qui évolue très vite, les patineurs belges n'ont, dans un premier temps, pas suivi le mouvement. Leur tactique de course, un peu trop attentiste, a été rapidement dépassée par les champions asiatiques, devenus les maîtres de la discipline. Ceux-ci mènent les courses tambour battant de bout en bout, empêchant pratiquement toute possibilité de dépassement dans les derniers tours. Pour y remédier, l'impératif des Belges a donc été d'évoluer vers une approche plus professionnelle du short-track. Car, s'ils progressent - les records natioanux sont sans cesse battus - les Belges ont semblé progresser moins vite que les autres. Les quatre patineurs belges n'ont toutefois pas usurpé leur sélection. Elle est bien révolue, en effet, l'époque où le Comité olympique offrait une sélection à des skieurs uniquement pour participer. Désormais, il faut dans toutes les disciplines répondre à de sévères critères de sélection. Principe général: avoir une chance de figurer parmi les 16 meilleurs du monde. A Albertville, où le short-track a accédé au rang de sport olympique, trois des cinq Belges engagés y étaient parvenus, leur chef de file, Geert Blanchart, obtenant même une belle 6e place.Agressif et muscléDepuis lors, les résultats belges ont toutefois été revus à la baisse. La Belgique n'a qualifié que deux patineurs pour les Jeux de Lillehammer et aucun pour ceux de Nagano. La notoriété du short-track en a quelque peu souffert chez nous. Il s'agit pourtant d'une discipline très spectaculaire: se déroulant sur une patinoire de hockey sur glace, d'un périmètre à peine supérieur à 100 mètres, cet exercice offre une course rapide et nerveuse, au coude-à-coude permanent. Agressif et violent, ce mode de patinage s'ancre parfaitement dans le sport moderne. Aujourd'hui, une nouvelle génération s'avère très talentueuse. Le coach Jeroen Otter attend beaucoup de son équipe de quatre jeunes relayeurs (20 ans de moyenne d'âge), dont il estime qu'elle fait actuellement partie des dix meilleures formations du monde. Aux épreuves de qualification olympique à Salt Lake City, en octobre 2001, où ils ont obtenu leur billet de participation, les jeunes Belges se sont d'ailleurs classés septièmes et deuxième pays européen. Mais, aux Jeux, les places seront chères. Seules quatre équipes participeront à la grande finale olympique, le 23 février prochain. En faire partie reste, malgré tout, l'espoir un peu fou de ces jeunes Belges.Emile Carlier