Les leaders politiques marchent sur des £ufs depuis le krach bancaire du week-end dernier. Qui est responsable ? Qui aurait pu intervenir pour éviter " ça " ? Le lundi 29 septembre, Elio Di Rupo, président du PS, donne l'impression de dégainer le premier. Des journalistes croient comprendre qu'il s'en prend directement à Didier Reynders, ministre des Finances et président du MR. " Di Rupo veut voir payer Reynders ", titre alors Le Soir. La Libre Belgique confirme : " C'est Didier Reynders qui est visé. " Il a la tutelle...

Les leaders politiques marchent sur des £ufs depuis le krach bancaire du week-end dernier. Qui est responsable ? Qui aurait pu intervenir pour éviter " ça " ? Le lundi 29 septembre, Elio Di Rupo, président du PS, donne l'impression de dégainer le premier. Des journalistes croient comprendre qu'il s'en prend directement à Didier Reynders, ministre des Finances et président du MR. " Di Rupo veut voir payer Reynders ", titre alors Le Soir. La Libre Belgique confirme : " C'est Didier Reynders qui est visé. " Il a la tutelle sur la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA) et " n'a pas vu arriver le coup ". Le patron libéral réplique en rappelant que des administrateurs socialistes (dont Di Rupo) ont siégé chez Dexia. Mais le PS calme le jeu, pour le moment. Le président Di Rupo, corrige-t-on, n'aurait pas été aussi loin dans les accusations. Marche arrière. On verra, si une commission d'enquête parlementaire (encore une !) est mise en place... L'épouvantail Reynders irrite les socialistes. Quand un fonctionnaire des Finances se trompe pour la bagatelle de 800 000 euros lors des enrôlements de l'été 2006, en plein conclave budgétaire, le PS ricane. " M. Parfait " trébuche. Quand les marchés financiers partent en vrille et que la régulation par l'Etat fait défaut, les regards se portent vers le même ministre des Finances, attaqué par la bande. Ces dernières années, Reynders, qui a changé six fois de chef de cabinet, a placé ses hommes à de beaux postes stratégiques dans l'appareil d'Etat. Comme le social-chrétien Philippe Maystadt, avant lui, il s'est constitué un réseau de cerveaux brillants partis exercer leur talent sous d'autres cieux : à la Banque nationale, à la Commission bancaire, à Euronext (Bourse de Bruxelles), à la tête de l'administration des Finances, à la Régie des bâtiments, à la Société fédérale de participation et d'investissement, etc. Au cours du même été 2007, par exemple, les " chefs cab " Jean-Paul Servais et Bruno Colmant ont reçu la présidence de la CBFA et celle d'Euronext. Reynders soutient qu'il s'agit d'hommes libres, qui ne sont pas ses affidés. En attendant, le président du MR occupe et surveille une niche de marché intéressante quand on fait de la politique : la finance, les banques, les chantiers de l'Etat, les grands choix macroéconomiques, pour faire bref. Idéal, quand tout va bien. Gênant, quand tout va mal. Très bien informé, Didier Reynders ? La question est là. Ses anciens chefs de cabinet ont-ils averti Reynders des dangers de banqueroute bancaire ? Ont-ils été entendus ? Dans quelle mesure sont-ils convaincus que l'Etat doit encore contrôler le marché ? Nul doute que ces responsabilités en aval - les premiers responsables ne sont pas politiques - animeront les coulisses du pouvoir, à neuf mois des prochaines élections. Ph.E.