Souvenirs de l'enfance, les Fables de Jean de La Fontaine évoquent non sans nostalgie le temps passé sur les bancs de la " petite " école. Le Corbeau et le Renard, La Cigale et la Fourmi ou encore Le Lièvre et la Tortue sont autant d'£uvres qui nous ont tantôt charmés, tantôt passionnés, voire carrément agacés à force de devoir les réciter. Elles font néanmoins partie de notre patrimoine commun et se rappellent régulièrement à nous... Pour cause : plusieurs maximes et...

Souvenirs de l'enfance, les Fables de Jean de La Fontaine évoquent non sans nostalgie le temps passé sur les bancs de la " petite " école. Le Corbeau et le Renard, La Cigale et la Fourmi ou encore Le Lièvre et la Tortue sont autant d'£uvres qui nous ont tantôt charmés, tantôt passionnés, voire carrément agacés à force de devoir les réciter. Elles font néanmoins partie de notre patrimoine commun et se rappellent régulièrement à nous... Pour cause : plusieurs maximes et vers sont devenus des expressions courantes ou des proverbes de notre langue. " Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute ", " Rien ne sert de courir, il faut partir à point ", " La méfiance est mère de la sûreté ", " Aide-toi, le Ciel t'aidera ", " Tel est pris qui croyait prendre "... Les emprunts sont nombreux, mais ces quelques exemples isolés suffisent à prouver, ô combien, que cet héritage littéraire appartient à notre quotidien. Source d'inspiration aussi inépuisable que savoureuse, les Fables de Jean de La Fontaine influencent depuis le XVIIe siècle quantité d'artistes et d'illustrateurs. A leur manière, de grands noms (rejoints par des anonymes) ont participé à la popularisation de l'ensemble. Le premier qui nous vient à l'esprit est Gustave Doré. Ses gravures sont mondialement connues. Dans un autre style, Jean-Baptiste Oudry en a lui aussi illustré l'intégralité. Ils ne sont pas les seuls, bien d'autres s'y sont attelés. Les vitrines de l'exposition rassemblent, entre autres, des réalisations de François Chauveau, J.J. Grandville, Benjamin Rabier, Henry Lemarié, René Hausman ou encore Thierry Dedieu. Plus loin, des origamis évoquent certaines fables, en toute simplicité. On trouve également quelques belles traductions de chez nous - soit en wallon et bruxellois - complétées de versions plus inattendues... en albanais, croate ou finnois ! Visiteurs de tout âge partageront la même fascination pour ces animaux qui reçurent, du fabuleux fabuliste, la parole. Un subterfuge habile servant à illustrer, en toute impunité, les qualités mais plus encore les travers de l'être humain. Une exposition-anniversaire qui permet à la Maison de l'imprimerie de fêter, comme il se doit, sa quinzième année, mais, surtout, de rappeler son attachement pour les £uvres imprimées et son approche résolument pédagogique de la culture. En outre, la fin du parcours met en lumière les créations littéraires et artistiques produites au sein d'ateliers d'écriture de l'entité, y compris lors d'activités intergénérationnelles dont on applaudit l'heureuse initiative. Toutes ces réalisations illustrent l'humour et le caractère intemporel de ce patrimoine universel, passé entre toutes les mains, et sur lequel on se rejoint. Les Fables de Jean de La Fontaine d'hier à aujourd'hui, Maison de l'imprimerie et des lettres de Wallonie, 1B, rue Verte, à 6530 Thuin. Jusqu'au 31 octobre. www.maison-imprimerie.net GWENNAËLLE GRIBAUMONT