Le grand entretien avec Magali Reghezza (lire Le Vif du 16 septembre) doit laisser perplexes les sinistrés des inondations de cet été. [...] Elle affirme qu'"on ne peut pas juste hausser les digues". Je pense, pour ma part, que cela devrait être la priorité. On peut discuter des semaines pour améliorer notre gesti...

Le grand entretien avec Magali Reghezza (lire Le Vif du 16 septembre) doit laisser perplexes les sinistrés des inondations de cet été. [...] Elle affirme qu'"on ne peut pas juste hausser les digues". Je pense, pour ma part, que cela devrait être la priorité. On peut discuter des semaines pour améliorer notre gestion des situations d'urgence, il faudrait d'abord réfléchir et agir pour empêcher les rivières de sortir de leur lit. Certains critiquent la bétonisation et l'artificialisation des sols. Or, un sol naturel gorgé d'eau est rapidement saturé et retient aussi peu le courant qu'une dalle artificielle. Et qui peut croire que quelques haies empêcheront les torrents occasionnels de dévaler? L'homme doit reprendre sa domestication des éléments, comme il le fait depuis des siècles: digues, écoulement vers des zones immergées en cas de crue, déversoirs, canaux, bassins d'orage et, surtout, des barrages idéalement interconnectés! Le stockage de l'eau durant les périodes de crue est d'autant plus important que, paradoxalement, les périodes de sécheresse seront plus fréquentes dans le futur. Les hydrologues connaissent nos cours d'eau, ils disposent d'une hypothèse claire pour leur modélisation: le déluge de mi-juillet! Plus besoin de probabilités toujours sujettes à discussion. Les données sont claires pour imaginer les travaux de génie civil les plus pertinents, en interdisant ou en adaptant la construction dans des zones qui resteraient inondables. Sans quoi, demain, un drame similaire, dans le Hainaut ou le Limbourg, provoquera les mêmes conséquences.