Comme un aimant, le centre-ville semble exercer sur Raymond Vaxelaire une irrésistible attraction. Heureux occupant du château familial de Bioul, près de Maredsous, où il possède un élevage écologique de soixante bêtes, l'ancien président de l'Innovation n'a pas pu s'empêcher de se réserver un pied-à-terre bruxellois. En plein c£ur de la ville, évidemment : place des Martyrs, à deux pas de l'Inno... " Un hasard ", glisse-t-il innocemment.
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Comme un aimant, le centre-ville semble exercer sur Raymond Vaxelaire une irrésistible attraction. Heureux occupant du château familial de Bioul, près de Maredsous, où il possède un élevage écologique de soixante bêtes, l'ancien président de l'Innovation n'a pas pu s'empêcher de se réserver un pied-à-terre bruxellois. En plein c£ur de la ville, évidemment : place des Martyrs, à deux pas de l'Inno... " Un hasard ", glisse-t-il innocemment. Encore actif comme conseiller du groupe allemand Kaufhof, qui a racheté la célèbre enseigne, en 2001, Raymond Vaxelaire a suivi de l'intérieur les bouleversements successifs qu'ont subis le Bon Marché, L'Innovation et le Grand Bazar, réunis en 1974 sous la bannière GB-Inno-BM. A l'époque, son père François Vaxelaire dirigeait le groupe. Mais l'histoire de la famille, qui se confond avec celle des grands magasins du centre-ville, remonte à une période plus lointaine. C'est en 1860 que François Vaxelaire - le prénom alterne avec Raymond, de génération en génération - décide de s'installer à Bruxelles. Originaire de Wisembach, petit village d'Alsace-Lorraine, le commerçant vient de passer quatre ans à Paris, où il travaillait au Bon Marché, deuxième grand magasin de la capitale française. Dès son arrivée à Bruxelles, il devient simple vendeur dans un magasin de textile. Trois mois plus tard, il rachète la boutique, et décide d'en faire le premier grand magasin bruxellois. Le principe de ce nouveau type de commerce rompt avec les canons de l'époque. L'entrée est libre : pas question de prendre le client par la main. Et les prix sont affichés, sans discussion possible. Le Bon Marché est né. " Mais, à l'époque, on disait qu'on allait chez Vaxelaire-Claes (le nom de l'épouse de François) ", indique Raymond Vaxelaire. Toujours prompt à piocher des idées innovantes sur la place parisienne, François Vaxelaire est le premier à faire de la publicité pour son magasin sur ses carrioles de livraison. Rapidement, il étend son empire en créant des succursales à Charleroi, à Lille, puis à Metz et à Nancy. Ce commerçant prospère fait la fierté de son village natal, qui lui érige une statue. Une copie conforme est réalisée à Bioul, où François Vaxelaire achète ce qui deviendra le château familial. Le Bon Marché s'est agrandi dans la rue Neuve grâce aux acquisitions successives des maisons attenantes lorsque, en 1894, l'Innovation s'installe. La concurrence fait rage entre les deux enseignes qui se font face. Pourtant, en 1930, un premier rapprochement s'opère. Les deux enseignes s'associent pour lancer la marque Priba. Mais ce n'est qu'en 1974 que le mastodonte GB-Inno-BM voit le jour. Raymond Vaxelaire a pris la direction de l'Innovation en 1989, avant de s'occuper de la panoplie de commerces spécialisés du groupe. " Je suis né dans une famille de boutiquiers, dit-il. On a ça dans le sang. "G.Q.