A l'instar des cimetières, les partis politiques regorgent de gens qui se croient indispensables. Même politiquement morts, ils ne lâchent rien. Inlassablement, ils rôdent entre les tombes électorales, espérant s'incarner une nouvelle fois en grand.e homme/femme d'Etat, aux élections à venir. A croire - finalement - que le programme politique est accessoire et que le pouvoir, c'est la chair plutôt que le mot (1). Les politiques le savent bien : ils s'arrogent le droit de critiquer ceux qui marchent, ceux qui sont encore si jeunes que le cimetière ne les concerne pas.
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A l'instar des cimetières, les partis politiques regorgent de gens qui se croient indispensables. Même politiquement morts, ils ne lâchent rien. Inlassablement, ils rôdent entre les tombes électorales, espérant s'incarner une nouvelle fois en grand.e homme/femme d'Etat, aux élections à venir. A croire - finalement - que le programme politique est accessoire et que le pouvoir, c'est la chair plutôt que le mot (1). Les politiques le savent bien : ils s'arrogent le droit de critiquer ceux qui marchent, ceux qui sont encore si jeunes que le cimetière ne les concerne pas. - " Ça, ça n'arrive pas par hasard ! " - " Monsieur Tintin, j'ai horreur des gens qui parlent pendant que je les interromps. " - " Pardon, monsieur Charlebois. Je ne voulais pas vous insulter. " - " Vous n'insultez pas. Vous prouvez. " - " Je prouve quoi ? " - " Que la politique, c'est de la "marde". Et que la seule promesse que peuvent tenir les politiques, c'est de n'en tenir aucune. " A ces mots, un rhinocéros opina du chef (2). Debout, assistant à l'interview, l'animal hanchait doucement, dans une pose presque gracieuse. Une paluche parcheminée lui mignota le crâne. La main était celle d'un vieux rockeur québécois : un type à l'ironie fanfaronne, à l'imagination geyserienne, à l'humour blasphématoire et corrosif. Face à lui, l'autre, le journaliste, semblait sans poids ou dimension, sans âge et sans le sou. Il était juste là. Calepin à la main. Langue entre les dents. Et le Québecois d'enchaîner : " Les journalistes, ça monte des vétilles en épingle. C'est fake news sur infox. Jamais les journaux n'ont-ils allumé autant de feux qu'aujourd'hui ! " Cette phrase-là, pour le reporter, c'était comme l'uppercut suprême, le trou noir, la claque acide : il y avait salissure. A 90 ans, Tintin, devenu pigiste, devenu SDF (3) - faute de fiches de paie régulières - Tintin, réfugié financier au Geyser, avait toujours estimé faire son boulot avec rigueur. Alors qu'il se sentait triste, il tenta une fragile répartie, aussitôt écrabouillée par Paula, la serveuse : " Tintin, laisse le monsieur tranquille. C'est vrai, quoi : tu causes tant que tu lui réchauffes sa bière ! " Et le rockeur de conclure : - " Le seul truc, en politique, c'est qu'il faut que les bottines suivent les babines. C'est bien joli de causer, mais, à un moment, faut agir. " - " Comme le font nos gosses, pour le climat ? " - " Vos testicules (4), on s'en carre, Tintin. Je parle de vos jeunes ! " Mais c'est pas tout ça, l'heure tourne. Où est encore passé le serveur ? S'agirait pas de louper le film qui va démarrer sur la Une à 20h15...