Rotterdam, musée Boijmans Van Beuningen. Museumpark, 18-20. Jusqu'au 10 février.
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Rotterdam, musée Boijmans Van Beuningen. Museumpark, 18-20. Jusqu'au 10 février. Tous les jours, sauf le lundi, de 11 à 17 heures. www.boijmans.nlHaarlem, Teylers Museum. Spaarne 16. Jusqu'au 6 janvier. Du mardi au samedi, de 10 à 17 heures, le dimanche de 11 à 17 heures. www.teylersmuseum.nl Haarlem, Frans Hals Museum. Groot Heiligland 62. Jusqu'au 20 janvier. Du mardi au samedi, de 11 à 17 heures, le dimanche de 12 à 17 heures. www.franshalsmuseum.nlAmsterdam, Hermitage. Amstel 51, jusqu'au 13 janvier (jusqu'au 25 avril pour le premier parcours thématique). Tous les jours, de 9 à 17 heures. www.hermitage.nl Haarlem, AAMU (Musée d'art contemporain aborigène), Oudegracht 176. Jusqu'au 9 décembre, du mardi au vendredi, de 10 à 17 heures, le samedi et le dimanche, de 11 à 17 heures. www.aamu.nl Si le siècle d'or de la peinture de Van Eyck est largement étudié et révélé à travers les expositions, il n'en va pas de même de la période qui le précède et le prépare. Voilà pour l'originalité du propos qui mène au final à sept chefs-d'£uvre du maître gantois. Car ce dernier est bel et bien un héritier du " gothique international ". Le fruit d'un brassage d'influences qui, à l'heure de la peste, se répand depuis l'Italie vers les villes princières et les cités marchandes européennes. Via des livres de modèles et au hasard des nombreux voyages d'artistes, les productions réalisées à Strasbourg, Paris, Dijon, Cologne, Bruges ou Amsterdam partagent les mêmes idéaux et les mêmes découvertes techniques. Encore fallait-il le démontrer. D'où ces 80 numéros (peintures, dessins, miniatures, sculptures ou encore objets de ferronnerie) qui anticipent sur l'£uvre de Van Eyck. Parmi les £uvres les plus emblématiques de ce dernier, la seule présence de L'Annonciation mériterait le voyage. On découvre aussi après restauration Les Trois Marie au tombeau " (voir à ce sujet : arttube.boijmans.nl) ainsi qu'un dessin tout récemment attribué au peintre de l'Agneau mystique. Quel musée ! Construit à la fin du XVIIIe siècle sous l'impulsion d'un banquier, le Teylers Museum vaut déjà par son architecture et son décor. Il fascine aussi par l'objet même de ses collections qui réunissent en cinq sections le savoir des encyclopédistes : physique, chimie, sciences naturelles, numismatique et... art. Quelques années après son ouverture, il achète une série impressionnante de dessins italiens, dont une partie provient de la collection de Christine de Suède. Parmi eux, 12 feuilles de Raphael et une dizaine d'autres issues de son atelier. Les voici mis à l'honneur dans une exposition qui, en partenariat avec l'Albertina de Vienne, réunit pas moins de 90 dessins entourant La Vierge et l'Enfant prêtée par la galerie de peinture de Berlin et le portrait de L'Homme à la pomme des Offices de Florence. A 21 ans, lorsque Cornelis Van Haarlem (1562-1638) revient dans sa ville natale après avoir étudié à Amsterdam, Rouen et Anvers, il a tout compris des nouvelles tendances de la peinture maniériste qui se généralise depuis l'Italie dans la seconde moitié du XVIe siècle. Si Michel-Ange en fut l'initiateur, la question du doute déborde assez vite le seul territoire de l'humanisme pour mettre aussi en question les systèmes esthétiques qui en exprimaient l'idéal. L'espace s'ouvre alors jusqu'à la démesure, les couleurs s'entrechoquent, vives, voire incendiaires, les corps (musclés à l'extrême) prennent des poses de plus en plus complexes et les formats s'agrandissent. La peinture de Cornelis s'engouffre dans ces procédures avec une audace et une singularité étonnantes. Pourtant, cet engouement passe de mode aux premières années du XVIIe siècle avec l'arrivée de sujets plus " réalistes " comme le paysage, la nature morte ou encore des scènes de la vie quotidienne. Qu'à cela ne tienne, Cornelis produit aussi des portraits et même quelques scènes d'enfants, les uns jouant, les autres, mangeant. Une découverte en 40 pièces. Profitant de la restauration du musée Van Gogh, les £uvres du maître hollandais ont inspiré les organisateurs d'un nouveau parcours imaginé dans les espaces de l'Hermitage. En lieu et place d'un suivi chronologique, les confrontations entre toiles et dessins des diverses périodes obéissent à quelques thématiques récurrentes. Ainsi la quête d'un " Portrait moderne " ou encore les pouvoirs de la couleur, la terre comme organisme germinatif ou la fascination pour le Japon. Et comme si cela ne suffisait pas, un autre parcours propose le face-à-face et le côte- à-côte des toiles de Van Gogh et de celles de ses contemporains impressionnistes. Les années 1970 marquent la fin d'une certaine image de l'Australie. Les jeunes revendiquent désormais leur passé aborigène. Les peintures de rêves réalisées traditionnellement sur le sol en sont les ambassadrices. Bientôt elles sont commercialisées et réalisées avec l'acrylique. C'est l'époque des 20 ans de Gordon Bennett qui, après avoir été éduqué " à l'occidentale ", s'engage à son tour dans cette recherche identitaire. Mais alors que d'autres édulcorent le sens de l'art ancien, lui, le confronte aux artistes modernes qu'il admire comme Van Gogh, Mondrian, Pollock ou Basquiat. En superposant la référence traditionnelle et l'urgence de ces créateurs occidentaux, il convoque de façon singulière une Histoire qui déborde celle de l'Australie pour devenir celle de l'identité à l'heure de la mondialisation. Une première rétro-spective en Europe avec 40 pièces. GUY GILSOUL