Depuis les exploits successivement réalisés à Cannes par Jaco Van Dormael ( Toto le héros, Le Huitième Jour), la bande à Belvaux, Poelvoorde et Bonzelle ( C'est arrivé près de chez vous) et les frères Dardenne ( La Promesse puis, bien sûr, Rosetta), le cinéma belge bénéficie au Festival d'une attention particulière qui ne s'est pas démentie cette année.
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Depuis les exploits successivement réalisés à Cannes par Jaco Van Dormael ( Toto le héros, Le Huitième Jour), la bande à Belvaux, Poelvoorde et Bonzelle ( C'est arrivé près de chez vous) et les frères Dardenne ( La Promesse puis, bien sûr, Rosetta), le cinéma belge bénéficie au Festival d'une attention particulière qui ne s'est pas démentie cette année. Malgré une bonne réaction du public et de certains critiques, Pauline et Paulette n'a pourtant pas illuminé la Quinzaine des réalisateurs comme l'avaient fait avant lui Ma vie en rose, d'Alain Berliner, ou Les convoyeurs attendent, de Benoît Mariage. Le film de Lieven De Brauwer a, certes, ému, avec sa tendre chronique de la relation de trois soeurs, dont l'une, sexagénaire, a un âge mental de... 6 ans. Mais ce mélange d'humour et de bons sentiments souffre d'un côté trop répétitif et un peu fabriqué, d'un net manque de style, aussi. Le jeune âge de son réalisateur (il n'a que 30 ans), déjà primé à Cannes pour son court-métrage Leonie, permet néanmoins d'augurer un avenir souriant. On attendra aussi beaucoup de Louise-Marie Colon, 24 ans, une toute jeune animatrice formée à La Cambre et dont le très réussi Paulette (une histoire de volaille, sans aucun rapport avec le film précité!) brilla dans la sélection officielle des courts-métrages. On vit aussi sur la Croisette un habitué des lieux: Benoît Poelvoorde. Venu présenter au Marché du film Les Portes de la gloire, l'acteur trônait par ailleurs sur les affiches annonçant ses deux prochains rôles, en vedette du Vélo, de Philippe Harel, et du Boulet, d'Alain Berbérian. Le jeune acteur de Rosetta, Fabrizio Rongione, que le triomphe d'Emilie Dequenne avait logiquement mais injustement éclipsé, fit un retour très apprécié dans le rôle principal du beau film italien de Francesca Comencini, Le Parole de mio Padre, présenté en sélection officielle dans la section Un certain regard. Et un accueil positif fut aussi réservé à El Cas Pinochet, produit en bonne partie en Belgique et où Patricio Guzman évoque le combat pour faire traduire l'ex-dictateur chilien en justice. Mais la Belge la plus présente et la plus heureuse, cette année à Cannes, aura sans conteste été Marion Hänsel. Non contente de présenter à la Semaine de la critique son nouveau film Nuages (une méditation poétique mariant images du ciel, musique et mots dits par Catherine Deneuve), elle vit ses qualités de productrice reconnues avec le large succès de No Man's Land. Présenté en compétition officielle, le film de Danis Tanovic (un jeune cinéaste d'origine bosniaque venu étudier en Belgique, où il s'est aussi marié) a reçu un accueil enthousiaste de la part de festivaliers que sa farce terrible sur l'absurdité de la guerre ne pouvait pas manquer de frapper. Le film a été fort applaudi et il va sortir dans le monde entier (y compris aux Etats-Unis). A l'approche du palmarès, d'aucuns voyaient en lui un outsider possible... Non sans raison!L.D.