Dieu nous préserve des slips en peau de zèbre ! Il y en a pourtant quelques-uns dans le grand spectacle de cirque Afrika ! Afrika ! qui s'apprête à conquérir Bruxelles, après avoir séduit Anvers. Imaginé par l'Autrichien André Heller et chorégraphié par l'Ivoirien Georges Monboye, cet imposant spectacle rassemble plusieurs dizaines d'artistes époustouflants. Venus du Sénégal, d'Afrique du Sud, de Guinée, d'Angola, du Gabon, de Tanzanie, d'Erythrée, du Ghana et de Côte d'Ivoire, ils prouvent, si besoin était, qu'ils n'ont rien à envier à ceux que fabriquent l'Asie, la ...

Dieu nous préserve des slips en peau de zèbre ! Il y en a pourtant quelques-uns dans le grand spectacle de cirque Afrika ! Afrika ! qui s'apprête à conquérir Bruxelles, après avoir séduit Anvers. Imaginé par l'Autrichien André Heller et chorégraphié par l'Ivoirien Georges Monboye, cet imposant spectacle rassemble plusieurs dizaines d'artistes époustouflants. Venus du Sénégal, d'Afrique du Sud, de Guinée, d'Angola, du Gabon, de Tanzanie, d'Erythrée, du Ghana et de Côte d'Ivoire, ils prouvent, si besoin était, qu'ils n'ont rien à envier à ceux que fabriquent l'Asie, la Russie et l'Europe. Mais qui en doutait ? C'est sans doute ce besoin si palpable et si insistant d'attester cette égalité de performances qui met le spectateur mal à l'aise, de temps à autre. Car les organisateurs n'ont pas lésiné sur l'identité africaine, recourant ci et là aux costumes en paille et en peau de panthère, aux masques, certes magnifiques, mais hors de propos, voire aux casques de mineurs sud-africains... Or les artistes de Afrika ! Afrika ! ont " simplement " un talent fou. Et, derrière eux, des milliers d'heures de travail. Comme tous les professionnels de la piste, quelles que soient leur origine et la couleur de leur peau. " Très longtemps, lorsque je me produisais dans des festivals en Europe, j'étais le seul artiste noir, raconte le contorsionniste angolais Makaya Dimbelolo. Aujourd'hui, je suis content de montrer au monde entier que ce que les Européens sont capables de faire, nous, les Africains, le pouvons aussi. " C'est faux : ils dansent beaucoup mieux que nous. Tous les danseurs sont beaux, et les danseuses, irrésistibles.A la sortie du spectacle,combien de fois entendra-t-on dire que " ces gens-là ont le rythme dans le sang " ? Grrr... Et à part ça ? Le spectacle est étourdissant de musique - les musiciens et chanteurs sont perchés sur une mezzanine, à l'arrière de la scène, d'où ils jouent en direct - de lumières et de gaieté. Les acrobates, jongleurs, danseurs et virtuoses en tout genre qui se succèdent emmènent le spectateur par la main dans un tourbillon de surprises et d'étonnements. Plusieurs contorsionnistes arrachent des cris de stupéfaction à un public qui ne sait plus d'où part cette jambe ni à qui sont ces bras emmêlés en un inimaginable n£ud. Des pyramides d'acrobates se montent en quelques secondes puis s'écroulent en rires avant de former d'autres improbables constructions. En équipe, deux jongleurs osent une chorégraphie de balles bondissantes. Magique. Ne pas en dire plus. Entrer dans le chapiteau sans se poser de questions et en ressortir " le c£ur rempli de joie ", comme le souhaitent les organisateurs. Et les yeux embués par la vision finale de tous ces drapeaux africains qui dansent si bien ensemble quand ce sont des artistes, et non des soldats, qui les portent. Des drapeaux que l'on connaît tellement peu, ici... A Anvers jusqu'au 15 mars et à Bruxelles (Tour et Taxis) du 17 mars au 19 avril. Infos : www.afrika-afrika.be Laurence van Ruymbeke