1 Se satisfaire du minimum légal

Avec les papy-boomers, l'espérance de vie qui s'allonge, les caisses de l'Etat qui s'assèchent, l'heure n'est pas à l'optimisme en matière de retraites. " La pension moyenne légale peut représenter une baisse de 60 à 70 % par rapport à la dernière rémunération, avance Laurent Pauwels, tax team leader chez Ergo Insurance. Dans ces conditions, il semble impossible de maintenir son train de vie une fois retraité. Et la situation ne devrait pas s'arranger à l'avenir. " Bien hardis seraient donc ceux qui, malgré tout, continueraient à compter uniquement sur le premier pilier. Et puisque les travailleurs ont peu de pouvoir décisionnel concernant le deuxième pilier (la pension complémentaire liée à l'activité professionnelle, comme l'assurance groupe, avantage offert ou non par l'employeur), mieux vaut ne pas zapper le troisième pilier (l'épargne pension fiscalisée), voire le quatrième (l'épargne individuelle libre sans avantage fiscal).
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Avec les papy-boomers, l'espérance de vie qui s'allonge, les caisses de l'Etat qui s'assèchent, l'heure n'est pas à l'optimisme en matière de retraites. " La pension moyenne légale peut représenter une baisse de 60 à 70 % par rapport à la dernière rémunération, avance Laurent Pauwels, tax team leader chez Ergo Insurance. Dans ces conditions, il semble impossible de maintenir son train de vie une fois retraité. Et la situation ne devrait pas s'arranger à l'avenir. " Bien hardis seraient donc ceux qui, malgré tout, continueraient à compter uniquement sur le premier pilier. Et puisque les travailleurs ont peu de pouvoir décisionnel concernant le deuxième pilier (la pension complémentaire liée à l'activité professionnelle, comme l'assurance groupe, avantage offert ou non par l'employeur), mieux vaut ne pas zapper le troisième pilier (l'épargne pension fiscalisée), voire le quatrième (l'épargne individuelle libre sans avantage fiscal). La majorité des travailleurs commenceraient à penser à leurs vieux jours après 40 ans. Mieux vaut tard que jamais. " Mais plus on commence tôt à épargner, plus on a une chance de se constituer un réel capital ", avance Marc Hainaut, senior commercial marketeer chez Belfius. Logique. Mais une banque ne va certainement pas affirmer le contraire... " Le long terme permet aussi d'éliminer les éventuels effets des mauvaises périodes financières ", ajoute-t-il. Une personne de 40 ans qui a commencé à se former une réserve à 20 ans a plus de chances de voir les mauvais rendements de 2008 (et compagnie) se fondre dans la masse que s'il s'y était mis depuis peu. Aussi, l'épargne du troisième pilier permet de bénéficier de réductions d'impôts (30 % du montant maximal) tout au long des versements. Il est par ailleurs déconseillé de souscrire une épargne-pension après 55 ans. Trop tard pour obtenir à terme une somme rondelette. A moins d'utiliser cette option pour obtenir un avantage fiscal. Mais dans tous les cas, il ne serait pas davantage judicieux de retirer ses billes trop prématurément. Celui qui souhaiterait bénéficier de son pactole avant 60 ans s'expose à une taxation de 33 %. Quoi qu'il arrive, une taxe de 10 % est habituellement prélevée sur le capital le jour du soixantième anniversaire. Mais après cela, jusqu'à 64 ans, il est toujours possible de bénéficier d'un avantage fiscal. Pour la plupart des gens, prendre sa retraire après quarante-cinq années de boulot relève déjà de la gageure. Mais il arrive (parfois) que certains passionnés/téméraires travaillent plus longtemps. Que ceux-ci ne s'attendent toutefois pas à toucher le gros lot une fois qu'ils décideront de raccrocher. " Seules 45 années sont prises en compte dans le calcul, expose Aymeric Peltzer, de l'Office national des pensions (ONP). Ce qui peut provoquer de l'incompréhension de la part des personnes confrontées à cette situation, qui ont cotisé x années de plus pour la communauté sans que cela leur rapporte plus. " Même si les 45 " meilleures " années sont prises en compte et qu'un salaire est généralement plus important qu'une allocation de pension. Reste que travailler plus longtemps (soit après 62 ans ou quarante-quatre ans de carrière) peut se révéler financièrement avantageux sous certaines conditions, grâce au bonus de pension. Un système réformé par l'actuel gouvernement, dont la nouvelle mouture devrait entrer en vigueur à partir du 1er janvier 2014 et qui prévoit que chaque jour presté au-delà de cette limite est récompensé par un " plus " par rapport au montant légal. " Penser que prendre sa pension anticipativement est une bonne chose est une erreur, ajoute Laurent Pauwels. La durée de la carrière étant plus courte, l'allocation sera réduite. Ainsi, prendre sa retraite à 60 ans au lieu de 65 ans peut entraîner une réduction de pension de plus de 12,5 % chez un travailleur qui aura débuté son parcours professionnel à 20 ans. " Si maintenir son train de vie après 65 ans peut déjà constituer un sacré défi, continuer à rembourser un prêt hypothécaire avec des revenus légaux limités peut devenir très compliqué. " Mieux vaut être propriétaire ou avoir fini de rembourser son emprunt à l'âge de la pension, estime Laurent Pauwels. Si vous jugez le montant de votre future pension déjà faible, imaginez la situation si vous deviez en plus payer un loyer ou rembourser 1 000 euros par mois ! Le taux de pauvreté est moins élevé parmi les pensionnés propriétaires que chez les locataires. " Pour ceux qui en ont les moyens, investir dans l'immobilier peut aussi devenir synonyme à l'avenir d'une rente intéressante et peut entrer en compte dans la constitution d'une épargne relevant du quatrième pilier. Même si l'on n'en n'a pas toujours envie ou que l'on n'en voit pas l'intérêt, s'informer quant à sa pension est sans doute indispensable. Suite à la finalisation de la réforme imaginée par le gouvernement fédéral, le simulateur Toutsurmapension.be n'est plus en ligne. En attendant sa réouverture, cela n'empêche pas d'utiliser l'outil MyPension, disponible pour les salariés sur le site de l'ONP. Les salariés de plus de 55 ans peuvent également demander une estimation, toujours via l'ONP. Les indépendants peuvent quant à eux s'adresser à l'Inasti (Institut national d'assurances sociales pour travailleurs indépendants). Mieux vaut par ailleurs vérifier régulièrement que les données reprises par l'administration sont correctes, surtout en cas de carrière jonglant avec les statuts, histoire de rectifier d'emblée toute erreur éventuelle. M. GS.