Cinq cents : tel est le nombre de chambres d'hôtels disponibles à Spa. Sans oublier les 300 lits en hébergement rural. Pas mal pour une commune qui ne compte qu'environ 10 500 âmes. Sur ses près de 40 kilomètres carrés de superficie, la ville cumule un nombre impressionnant d'attractions touristiques. Son casino, ses thermes, le circuit automobile tout proche et toutes les activités qui y sont associées, son aérodrome, son festival des Francofolies, ses petits commerces ouverts chaque dimanche...
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Cinq cents : tel est le nombre de chambres d'hôtels disponibles à Spa. Sans oublier les 300 lits en hébergement rural. Pas mal pour une commune qui ne compte qu'environ 10 500 âmes. Sur ses près de 40 kilomètres carrés de superficie, la ville cumule un nombre impressionnant d'attractions touristiques. Son casino, ses thermes, le circuit automobile tout proche et toutes les activités qui y sont associées, son aérodrome, son festival des Francofolies, ses petits commerces ouverts chaque dimanche... Le tourisme et Spa, c'est une histoire d'amour qui remonte à un bail. Et qui est forcée de fonctionner, ne fut-ce que pour le bien-être des caisses communales. Car le territoire spadois ne comporte que peu de sources potentielles de revenus, si ce n'est Spadel, le groupe qui exploite les sources et qui s'acquitte d'une redevance annuelle oscillant entre 5 et 6 millions d'euros. " Nous n'avons pas d'autres activités industrielles, confirme le bourgmestre libéral Joseph Houssa. Les infrastructures hôtelières sont donc primordiales pour nous. " Parce que le secteur génère de l'emploi (et donc plus d'impôts à prélever). Mais aussi parce qu'une taxe sur les nuitées rapporte annuellement 200 000 euros... Mais comme toutes les love stories, celle-ci comporte des hauts et des bas. Pas tellement concernant le tourisme " grand public ", qui se porte plutôt bien. " La crise n'a pas eu d'impact sur notre fréquentation ", jure Isabelle Grégoire, directrice de l'Office du tourisme spadois. Chiffres à l'appui : 243 000 nuitées enregistrées en 2011 (les données les plus récentes n'étant pas encore disponibles). Ce qui correspond " à une croissance tranquille, une légère progression annuelle de 2 à 3 % ". L'année dernière, l'Office a enregistré entre 120 000 et 130 000 demandes de renseignements. En 2004, il n'en traitait " que " 50 000. La ville thermale continue d'attirer une majorité de Belges néerlandophones et de Néerlandais(qui, ensemble, représentent 60 % des visiteurs), mais aussi des Wallons, des Allemands, voire quelques Anglais. " Les autres nationalités restent vraiment marginales, souligne Isabelle Grégoire. Il arrive que l'on voie débarquer des cars russes ou des Espagnols si c'est un de leurs concitoyens qui a gagné le Grand Prix, mais cela s'arrête là. " C'est plutôt du côté du tourisme d'affaires que la ville connaît davantage de difficultés. " Il est vrai que la situation est encore perfectible de ce côté-là, concède Charles Gardier, échevin du Tourisme (MR). Spa doit encore faire des efforts pour mieux se positionner sur la carte des villes attractives en la matière. " Le tourisme d'entreprise spadois doit surtout renaître de ses cendres. La crise, il l'a subie de plein fouet. " Avant 2008, nous avions atteint la même fréquentation que Bruges. Puis, à partir d'octobre 2008, du jour au lendemain, notre chiffre d'affaires a connu une chute spectaculaire " (NDLR : passant de 1,12 million à 835 284 euros entre 2008 et 2009), se souvient Jean-Paul Mawet, directeur d'Aqualis, l'intercommunale chargée de promouvoir les charmes des vingt communes qui y sont rattachées auprès des sociétés et qui officie également comme agence de voyages ! " 2011 avait vraiment été catastrophique, ajoute-t-il. Heureusement, on ressent une légère reprise depuis quelques mois. " Les restrictions budgétaires et la morosité économique lancinante sont-elles les uniques responsables ? Il fut un temps où, face au manque d'infrastructures à Liège, les entreprises (et les grands événements) se tournaient vers l'offre spadoise ou maastrichtoise. Mais ces dernières années, la Cité ardente a largement revu sa copie et de nombreux établissements de standing ont inauguré leurs infrastructures. De quoi faire de l'ombre à la ville d'eaux ? " Il est clair que la concurrence avec Liège existe. Mais elle a toujours été présente et on ne constate pas encore d'impact précis par rapport à ces nouveaux hôtels liégeois, nuance Jean-Paul Mawet. Je dirais plutôt que les deux offres sont complémentaires : quand l'une se porte bien, l'autre également. " Quels atouts manquent-ils à Spa pour lui permettre de retrouver ses charmes d'antan (hormis la fin de cette interminable crise) ? " Une véritable salle de congrès, répond le boss d'Aqualis. Avec tous les services nécessaires (technologie, traduction, etc.) Pour l'instant, on peut proposer une alternative grâce à l'une des salles du casino, mais ce n'est parfois pas suffisant. " Un temps évoquée pour s'implanter dans les anciens thermes de la place Royale, cette option a finalement été abandonnée pour des raisons budgétaires. Et personne ne semble ne l'avoir remise sur la table depuis lors... En matière de tourisme familial également, l'argent reste le nerf de la guerre. " Notre défi est de nous repositionner clairement comme un pôle attractif au niveau international, plaide Isabelle Grégoire. Spa est la seule ville thermale de Belgique, il ne faut pas l'oublier. Mais nous manquons d'argent pour cela. Nous sommes aussi un peu à la traîne au niveau des nouvelles technologies. Or, aujourd'hui, ce paramètre est important pour les visiteurs. Il faut absolument travailler sur ces aspects pour éviter de donner l'image d'une destination vieillissante. " Le salut viendra peut-être en partie du projet " Destination Spa Francorchamps ", développé par la Région wallonne et censé placer le circuit au centre d'une nouvelle offre touristique composée de parcours aventure dans les bois, d'exposition sur les moyens de locomotion innovants, de cabanes dans les arbres, de téléphériques, etc. (lire en page 92) Autre piste de développement : l'Unesco. Avec dix autres villes thermales européennes, Spa espère être reconnue au patrimoine mondial. Une ambition dont on parle depuis 2006 et qui s'est soldée par une candidature commune en 2010. Depuis, le dossier avance lentement mais sûrement. Les 15 et 16 mars derniers, la commune a accueilli la cinquième rencontre entre partenaires. La décision ne devrait pas tomber avant 2015. La route est encore longue et incertaine. Mais, à la clé, les retombées semblent non négligeables : les sites qui ont par le passé obtenu cette précieuse reconnaissance ont vu leur fréquentation augmenter presque instantanément de 10 à 15 %. MÉLANIE GEELKENSLes offres de Spa et Liège sont complémentaires