En 1998, Santiago Amigorena ( Le Ghetto intérieur) entreprenait une aventure littéraire vertigineuse. Avec Une enfance laconique démarrait le récit d'une enfance. Suivront Une jeunesse aphone, Une adolescence taciturne... L' exercice autobiographique est aussi précis que la mémoire de l'auteur est fermem...

En 1998, Santiago Amigorena ( Le Ghetto intérieur) entreprenait une aventure littéraire vertigineuse. Avec Une enfance laconique démarrait le récit d'une enfance. Suivront Une jeunesse aphone, Une adolescence taciturne... L' exercice autobiographique est aussi précis que la mémoire de l'auteur est fermement solide sur les années passées par ce fils de psychanalystes en Amérique du Sud. L' Argentine d'abord, qui l'a vu grandir jusqu'en 1966. L'Uruguay ensuite, de 1967 à 1973, six années relatées dans ce Premier exil, au fil d'un quotidien fait d'école, de rendez-vous chez le psychanalyste, de solitudes bienvenues dans les branches du gomero de la maison familiale à Montevideo. C'est le temps du gang de copains, celui des premiers apprentissages. C'est aussi la naissance d'un amour inextinguible pour la littérature, alors que le petit Santiago s'enferme mystérieusement dans le mutisme, il s'émancipe par l'écriture "à cet âge qui ne subit pas l'oubli bavard de la vieillesse et qui ne se perd pas non plus dans l'ineffable oubli de l'enfance". Entrecoupés des poèmes d'époque et d'aujourd'hui, les souvenirs à hauteur d'enfant s'égrènent au fil de digressions nombreuses. Derrière l'anodin apparent, surgissent dans une langue foisonnante les ombres de la dictature militaire qui gangrène peu à peu tout le sous-continent. Entre le goût des glaces et le prénom des premiers amours innocents, le lecteur assiste à un éveil de l'enfant très tôt confronté à l'exil.