Le samedi 21 février dernier, Didier Reynders et Rudy Aernoudt annoncent que le MR et LiDé (Libéral Démocrate) vont convoler en justes noces électorales. Aernoudt ne se tient plus : il vient de réussir un invraisemblable coup de poker en obligeant le MR à l'accueillir sur ses listes. La recette ? Simple : il lui a suffi d'annoncer la création d'un parti, de le positionner à la droite des thèses libérales, et de laisser venir. Le poisson MR a aussitôt mordu. Et s'est ridiculisé. Le lundi 23 février, le FDF annonce dans Le Soir que si le mariage est consommé, ce sera sans lui. Didier Reynders capitule rapidement, de crainte de voir le FDF se réfugier dans les bras du PS ou du CDH, et de perdre les élections régionales à Bruxelles. Mis hors jeu, ce faux naïf de Rudy Aernoudt - qui depuis avril est directeur général de One Laptop Per Child Europe - a pris la plume. Son nouveau livre, La politique, ça trompe énormément (Roularta Books) est sous-titré " Descente aux enfers politiques ". Il y règle ses comptes avec le monde politique, dans lequel il s'était invité avec fracas ; avec le MR, qui a cédé au chantage du FDF, " micro-parti au niveau belge " ; avec Didier Reynders qui a mangé sa parole ; avec les médias (dont Le Vif/L'Express), accusés d'avoir " tout fait pour étouffer son alternative " ; avec les cofondateurs de LiDé, qui l'ont trahi aussitôt après l'échec... Il a joué, il a perdu, mais laisse entendre qu'il reviendra. " Un proverbe chinois dit que l'échec est la base du succès ", écrit-il. Voici quelques bonnes feuilles.
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Le samedi 21 février dernier, Didier Reynders et Rudy Aernoudt annoncent que le MR et LiDé (Libéral Démocrate) vont convoler en justes noces électorales. Aernoudt ne se tient plus : il vient de réussir un invraisemblable coup de poker en obligeant le MR à l'accueillir sur ses listes. La recette ? Simple : il lui a suffi d'annoncer la création d'un parti, de le positionner à la droite des thèses libérales, et de laisser venir. Le poisson MR a aussitôt mordu. Et s'est ridiculisé. Le lundi 23 février, le FDF annonce dans Le Soir que si le mariage est consommé, ce sera sans lui. Didier Reynders capitule rapidement, de crainte de voir le FDF se réfugier dans les bras du PS ou du CDH, et de perdre les élections régionales à Bruxelles. Mis hors jeu, ce faux naïf de Rudy Aernoudt - qui depuis avril est directeur général de One Laptop Per Child Europe - a pris la plume. Son nouveau livre, La politique, ça trompe énormément (Roularta Books) est sous-titré " Descente aux enfers politiques ". Il y règle ses comptes avec le monde politique, dans lequel il s'était invité avec fracas ; avec le MR, qui a cédé au chantage du FDF, " micro-parti au niveau belge " ; avec Didier Reynders qui a mangé sa parole ; avec les médias (dont Le Vif/L'Express), accusés d'avoir " tout fait pour étouffer son alternative " ; avec les cofondateurs de LiDé, qui l'ont trahi aussitôt après l'échec... Il a joué, il a perdu, mais laisse entendre qu'il reviendra. " Un proverbe chinois dit que l'échec est la base du succès ", écrit-il. Voici quelques bonnes feuilles. La politique n'existe que par les médias. J'avais donné une interview à un journaliste du Soir, au sujet de mon intention de créer un mouvement politique qui visait à rédiger un business plan, plutôt un plan sociétal pour la Wallonie d'abord. L'interview devait paraître le lundi 17 octobre 2008. Le dimanche soir, j'informe mon compagnon de route avec lequel je venais d'écrire un livre (1) de ma démarche. Une demi-heure plus tard, le président du MR me téléphone. Bien sûr qu'on peut se parler. Lundi soir, derrière un paravent dans un bon restaurant des environs de Liège, on discute. Oui, je suis prêt à collaborer à condition que l'on discute des idées et des dix priorités que j'avais avancées. D'ailleurs, c'était le but du mouvement qui devrait se créer. Aurais-je dû fermer la porte tout de suite ? Ai-je été naïf de penser que le MR était vraiment prêt à défendre les idées dont la Wallonie a vraiment besoin, au risque, par ce virement, d'offusquer un nombre d'électeurs qui votent MR sans être libéraux ? D'un autre coté, le MR ne voulait pas prendre le risque de laisser la voie libre à un nouveau parti vraiment libéral. Car il est vrai qu'en Wallonie il y a un réel embouteillage sur la bande du milieu. Il existe trois partis du centre, aucun qui soit de droite sans être d'extrême-droite. Au sein du MR, le FDF est un parti qui pourrait sans problème s'intégrer au PS, ce qui leur permet de faire monter les enchères pour accepter de rester au sein du MR. D'ailleurs, le FDF lui-même confirme qu'il est un parti de centre-gauche (2). Pourtant, ce dont la Wallonie a besoin est de sortir de sa culture d'assistanat, fonds de commerce des socialistes. Le MR partage mon analyse et prétend qu'il y a au sein du MR de la place pour mes idées. Nous nous sommes quittés laissant toutes les portes ouvertes pour une alliance, avant ou après les élections, et nous nous sommes engagés à rester en contact. Ce dîner, dévoilé le lendemain dans La Libre Belgique, fut le premier d'une série de rencontres. Puisque je n'aime pas l'hypocrisie, j'ai indiqué à ceux qui m'ont interrogé que je discutais avec le MR. Etant donné que les rencontres dans un restaurant manquent de discrétion, nous avons organisé nos rencontres à l'Hôtel des Finances. Cela me rappelle le livre de Borges, le " livre du sable ", dans lequel l'auteur explique que le meilleur lieu pour cacher un livre, c'est dans une librairie. Lors d'une deuxième rencontre, nous avons avancé l'idée de créer un centre d'études qui nous permettrait d'approfondir l'analyse de la situation économique de la Wallonie. J'avoue que ceci était une perspective séduisante et qui correspond tout à fait à mes aspirations. J'étais entré en politique parce qu'aucun parti politique n'osait afficher mes idées, alors qu'en coulisses plusieurs de leurs représentants me disaient y adhérer. Le MR, une structure solide mais particratique en manque d'idées, qui était prêt à reprendre mes propositions, mettre en place et financer une structure permanente qui deviendrait une sorte de laboratoire des idées, nous aurait permis de réaliser nos objectifs, et de travailler ensemble pour un réel changement de la Wallonie, voire de la Belgique. On s'était également mis d'accord sur le fait qu'en cas d'alliance, un nombre de candidats de LiDé pourraient se retrouver sur les listes MR. Au mois de janvier 2009, j'ai organisé une réunion avec Jacques Litwak, qui m'avait contacté entretemps pour cofonder LiDé, et Pierrre-Yves Jeholet, porte-parole du MR, pour discuter de la composition des listes. Nous avons ensuite cherché un lieu d'hébergement pour le centre d'études et avons signé un contrat de location pour des bureaux situés dans un immeuble au centre de Namur. Même le parquet avait déjà été choisi. Par hasard, ces bureaux se situaient Square Masson, là où se situait également le cabinet du ministre Serge Kubla, et donc mon bureau, quand je suis arrivé en Wallonie. Je me suis investi totalement dans la rédaction du programme de LiDé que je m'étais engagé à présenter le 7 février 2009. Par hasard, j'ai appris que dans mon dos, un de mes cofondateurs ( NDLR : Jacques Litwak) avait demandé et obtenu un rendez-vous avec Didier Reynders. Pour parler politique et de l'éventuelle collaboration avec LiDé, m'a dit Reynders. Pour parler d'autre chose, me disait Litwak et " tu dois savoir que je suis un proche de Reynders ". En effet, il avait été pistonné pour faire son service militaire au cabinet de Jean Gol et a été longtemps collaborateur du centre Jean Gol. Il avait, selon ses dires, rompu les liens avec le MR. Avec du recul, je me pose la question des intentions de chacun. Le contenu du programme n'a intéressé que très peu de journalistes. Mariage ou pas mariage était la seule question qui comptait. La presse spéculait et il n'y avait qu'une question qui méritait d'être posée : MR or not MR ? (...) Le MR pouvait maintenant finaliser son offre qui était à 100 % appuyée par les libéraux. Que le MCC s'y soit opposé était considéré comme un sursaut de Gérard Deprez qui n'arrive à avoir un article dans la presse qu'en critiquant Reynders. Les parlementaires du MCC, en nombre disproportionné par rapport à ce que présente le MCC, ne voulaient nullement suivre leur 'leader'. Restait le FDF, micro-parti surreprésenté. Le 18 février, déjeuner à l'Hôtel des Finances avec Maingain. Non, je ne l'apprécie pas, car il est un obstacle au maintien de la Belgique. Le simple fait que je sois flamand suffit sûrement à lui faire ressentir la même chose. J'ai écouté son discours, vide et creux. A aucun moment il n'a dit qu'il s'opposait à une alliance. Cette hypocrisie, sous un voile de politesse simulée, m'a profondément dégoûté. L'homme ne pense qu'à lui-même et son fonds de commerce est de démontrer que l'on ne peut pas trouver de solution avec des Flamands. Il part du " principe de personnalité ", ce qui implique que dans des communes où la majorité est francophone, la commune doit quitter la Région flamande. Heureusement que les étrangers à Saint-Josse ou Molenbeek ne tiennent pas le même raisonnement. Il reproche aux Flamands une tyrannie de la minorité. A ce moment je n'aurais jamais cru qu'il ferait la même chose quelques jours plus tard. Son problème est que si les querelles linguistiques dans la périphérie et BHV sont réglées, le FDF n'a plus de raison d'être. J'étais donc, avec mes solutions de bilinguisme et de circonscription fédérale en contrepartie de la scission BHV, un réel danger pour le FDF. Mon livre, Bruxelles, l'enfant mal-aimé, est effectivement une approche de Bruxelles qui peut être considérée comme à l'antipode du programme du FDF. Je déteste les séparatistes, qui ne pensent qu'à leur fonds de commerce tout en négligeant l'intérêt de citoyens qu'ils essayent de séduire à l'aide de discours démagogiques. A l'arrivée, l'offre faite par le MR était des plus attrayantes. Trop belle pour être vraie ? (...) Sur les listes, j'avais surtout négocié des places de combat. A l'Europe, je devais occuper moi-même la troisième place, qui était loin d'être gagnée, contrairement à ce qu'en disait la presse. L'Europe me fascine car elle a un impact important, et toujours croissant, sur notre vie quotidienne, notre bien-être et notre avenir. Contrairement à ce que l'opinion publique croit, l'Europe a un impact fondamental sur les Régions de l'Europe. Mais à force de mettre sur des listes européennes des candidats dont on ne sait plus que faire au niveau national ou régional, ou en remerciement des bons services rendus aux partis, mais qui n'ont aucune connaissance de la politique européenne, l'Europe est de plus en plus gérée par des bureaucrates. (...) Nous avions également obtenu des places de combat à Liège, Namur, Charleroi et Mons et nous avions des candidats très valables. A Bruxelles, j'étais en négociation avec plusieurs candidats renommés potentiels. (....) La seule conclusion qui s'impose est que le MR n'existe pas. C'est effectivement une auberge espagnole avec des chambres pour des séparatistes et des chrétiens. Ceux qui y sont le plus mal traités sont les vrais libéraux pour qui il n'y a que peu de place dans l'auberge, car eux ne peuvent pas menacer de partir et de trouver leur bonheur ailleurs. Et LiDé dans tout cela ? On voulait s'installer dans la cuisine pour préparer les menus. On n'exigeait pas une chambre en plus mais on se contentait de notre centre d'études. Car la politique wallonne et bruxelloise manque terriblement d'idées et le MR, même s'il reste le parti dont je me sens le moins éloigné, ne fait pas exception à ce triste constat. (1) Rudy Aernoudt et Alain Destexhe, Comment l'Etat gaspille votre argent, Roularta Books, 2008. (2) Interview de Olivier Maingain dans Pan, le 8 avril 2009. M.D.