Si la première saison avait été diffusée en décembre 2018 sur Arte, la deuxième est restée inédite sur nos écrans, mais a bénéficié cet automne d'une copieuse édition DVD. Après les trois saisons de Borgen, qui suivaient un destin de femme Première mini...

Si la première saison avait été diffusée en décembre 2018 sur Arte, la deuxième est restée inédite sur nos écrans, mais a bénéficié cet automne d'une copieuse édition DVD. Après les trois saisons de Borgen, qui suivaient un destin de femme Première ministre, Birgitte Nyborg, aux prises avec le sexisme d'un monde en crise, le réalisateur danois Adam Price a filmé le pan masculin de la même problématique, vue d'un angle religieux, dans Au nom du père. C'est l'histoire d'une chute. Celle d'un patriarche familial et pasteur protestant, Johannes Krogh (Lars Mikkelsen), qui voit le poste d'évêque passer aux mains d'une femme. Cette humiliation suprême le plonge dans une crise funeste, qui est celle aussi de sa fonction héréditaire, de son autorité, et de son couple - sa femme, lassée de ses infidélités, tombant amoureuse d'une autre. Difficile de ne pas voir dans cette déchéance vertigineuse, brillamment réalisée, celle d'un patriarcat en pleine débandade, désemparé par la concurrence féminine, et la crise spirituelle contemporaine. Physiquement, Johannes résiste mais déguste et fait payer l'addition à ses fils, qui s'engagent dans des choix aux conséquences dramatiques. Rarement le masculinisme toxique aura été exemplifié de manière aussi magistrale.