A partir de 2020, toutes les nouvelles constructions (bureaux, logements...) en Europe devront être passives ou proches du niveau " zéro énergie " (lire l'encadré). En Belgique, la Région de Bruxelles-Capitale a même décidé d'avancer cette échéance à 2015.
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A partir de 2020, toutes les nouvelles constructions (bureaux, logements...) en Europe devront être passives ou proches du niveau " zéro énergie " (lire l'encadré). En Belgique, la Région de Bruxelles-Capitale a même décidé d'avancer cette échéance à 2015. Est-ce réalisable, à moins de trois ans de l'échéance bruxellloise ? " Oui ", répond sans hésiter Michel Heukmes, chargé de projet au sein du cluster CAP2020. " Vu l'orientation des pouvoirs publics vers le durable, le marché se développe. Il y aura toujours des choses à améliorer mais le secteur est prêt à atteindre les standards demandés. " Mais d'autres facteurs pourraient compliquer les choses. Les pouvoirs publics réduisent - ou suppriment... - les politiques incitatives liées aux isolants, aux énergies alternatives, aux investissements durables, etc. Quant aux ménages, ils ont de plus en plus de difficultés à obtenir des prêts auprès des banques. Or, la construction passive ou zéro énergie coûterait 10 à 15 % plus cher qu'une construction classique. Un surcoût à mettre en perspective : une habitation passive permet de réduire les charges et la multiplication de ces constructions pourrait entraîner une diminution des tarifs. " En faisant des choix de techniques et matériaux appropriés, on peut très bien faire du passif pour un coût proche du classique ", ajoute Michel Heukmes. Autre argument en faveur d'un investissement dans l'immobilier durable : les biens qui s'éloignent de cette notion risquent de perdre de la valeur à la vente ou à la location. D'autant qu'il existe des moyens de lire clairement l'aspect durable d'un bâtiment (certificats PEB, etc.). Les pouvoirs publics prévoient même d'instaurer un label pour les logements qui répondraient à certains critères verts. Dans le neuf, le passif, le zéro et le basse énergie vont prendre de l'ampleur car ils seront la norme de demain. La construction bois s'impose également de plus en plus. Entre 2011 et 2012, elle a connu une évolution de 36 % et occupe plus de 8 % des parts de marché. Là où le bât blesse, c'est dans les habitations existantes. En dehors des incitants du type Ecopack en Wallonie (prêt à tempérament 0 % pour des travaux économiseurs d'énergie dans le logement), il n'existe pas d'obligations légales de rénover durable. La directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments prévoit toutefois des normes minimales lors de rénovations importantes. Les propriétaires ont également tout intérêt à préserver la valeur relative de leur bien et à parer aux augmentations des coûts de l'énergie. Outre l'isolation, l'installation de chaudières haute performance ou à pellets et de pompes à chaleur s'impose de plus en plus comme un investissement intéressant pour diminuer significativement son impact écologique. Et sa facture de chauffage. MARIE-EVE REBTS