La minisérie HBO Chernobyl fut un des phénomènes de l'année. Son réalisme, son traitement choc et sans filtre de la catastrophe de 1986 et sa dénonciation de l'irresponsabilité et de l'aveuglement des autorités russes ont très vite été loués par le public et la...

La minisérie HBO Chernobyl fut un des phénomènes de l'année. Son réalisme, son traitement choc et sans filtre de la catastrophe de 1986 et sa dénonciation de l'irresponsabilité et de l'aveuglement des autorités russes ont très vite été loués par le public et la critique, dans une période obnubilée par les désastres et les crises énergétiques. En revanche, les libertés prises avec certains pans de la réalité, sa vision par moments caricaturale de la société soviétique et l'usage exclusif de l'anglais (alors que HBO venait de finir son adaptation de L'Amie prodigieuse en napolitain) ont fait grincer quelques dents auprès de spécialistes. Et pas que de l'autre côté de l'Oural. Si les responsables de la centrale et Moscou ont longtemps refusé la vérité scientifique, il ne faut pas oublier qu'en France, et même en Belgique, l'idée - parfaitement fantasque mais assumée - que le nuage radioactif aurait été stoppé par la barrière naturelle des Alpes a longtemps fait partie du discours officiel. Néanmoins, malgré son rendu parfois nébuleux des faits et des protagonistes, Chernobyl maintient un effet sidérant. Sa reconstitution patiente, même imparfaite, de l'accident montre que lorsque la télé veut vulgariser et interpeller, elle est capable de le faire avec intelligence et émotion combinées.