Il devait tout de même être fort énervé, le patron de la Smals (lire aussi page 32), pour envoyer ce mail aussi vite à ses administrateurs. Date d'envoi: mercredi 10 mars, 12 h 20. Le jour même où Le Soir révélait le projet de "profilage" des citoyens. Destinataires: les responsables des administrations de sécurité sociale membres de l'asbl bras informatique de l'Etat. Objet: "Un message de Monsie...

Il devait tout de même être fort énervé, le patron de la Smals (lire aussi page 32), pour envoyer ce mail aussi vite à ses administrateurs. Date d'envoi: mercredi 10 mars, 12 h 20. Le jour même où Le Soir révélait le projet de "profilage" des citoyens. Destinataires: les responsables des administrations de sécurité sociale membres de l'asbl bras informatique de l'Etat. Objet: "Un message de Monsieur Robben." Ce dernier y explique, en néerlandais, à ses "beste bestuurders", que des articles tendancieux ont été publiés à son encontre, dont celui du Soir, et qu'il tient à leur transmettre sa courte réaction "vanuit de buik" (avec les tripes), autrement dit à chaud, "en dus authentiek" (pas besoin de traduire). On sent l'agacement. Et le besoin de se justifier: Frank Robben glisse, dans son mail, avoir entendu que certains administrateurs se sont fait interpeller par leur ministre de tutelle. Il indique ne pouvoir répondre, chaque fois, en détail à toutes les "fausses allégations" de la presse car cela le distrairait trop de son travail, surtout en ces temps de Covid où il faut trouver des solutions rapides pour gérer la crise sanitaire. Et il rappelle très formellement les éléments entre lesquels il essaie en permanence de trouver un équilibre, à savoir le respect des droits fondamentaux (droit à la vie privée comme droit à la santé), le développement de systèmes d'information performants et transparents, à la fois "prévisibles" et "évolutifs" en fonction des besoins de la société, ou encore la responsabilisation mais aussi la sécurité juridique des instances qui gèrent des données à caractère personnel. Enfin, il se dit disponible pour répondre à toutes les questions que lui poseraient les administrateurs, le gouvernement ou le Parlement. Pour le reste, il tâche de rester motivé, écrit-il. Et de citer, en français, la formule chère à Paul Vanden Boeynants: "Si tous les dégoûtés s'en vont, il n'y a que les dégoûtants qui restent.". Vriendelijke groeten, Frank Robben.