Il y passe un peu plus de 10 000 navetteurs, chaque jour. La gare de Mons est, avec celle de Malines, la seule des grandes infrastructures ferroviaires du pays à ne pas encore avoir été rénovée intégralement. Or, après l'impressionnant aménagement de la gare de Liège, la première ville du Hainaut se devait de ne pas être en reste.
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Il y passe un peu plus de 10 000 navetteurs, chaque jour. La gare de Mons est, avec celle de Malines, la seule des grandes infrastructures ferroviaires du pays à ne pas encore avoir été rénovée intégralement. Or, après l'impressionnant aménagement de la gare de Liège, la première ville du Hainaut se devait de ne pas être en reste. Le projet remonte à 2004. A l'époque, la société Euro Liège TGV, qui réalise des études et des missions d'expertise pour la SNCB, est chargée de moderniser le site de la gare de Mons. Au terme d'un concours de projet, c'est l'ingénieur et architecte Santiago Calatrava qui l'emporte. En Belgique, celui-ci a déjà signé la rénovation de la gare de Liège, mais il est également l'auteur de nombreuses £uvres prestigieuses à l'étranger, comme le stade olympique d'Athènes, la plus haute tour de Chicago ou l'aéroport de Bilbao. Le chantier devrait être terminé d'ici à sept ans. La Ville de Mons est en effet candidate au titre de capitale européenne de la culture, en 2015. " Une telle candidature revêt aussi une dimension économique et sociale, souligne le bourgmestre Elio Di Rupo. Or l'implication d'un homme comme Santiago Calatrava dans ce projet assurera des retombées positives, en termes de renommée, pour la ville. "Et la gare elle-même ? Elle prendra la forme d'un célèbre symbole montois : le dragon, et comprendra des quais couverts de 350 mètres de long sur 8,50 de large, plus facilement accessibles aux moins valides. Sept voies, inutilisées, sur les vingt actuelles seront supprimées. Le principal matériau utilisé devrait être le bois, écologie oblige. Enfin, une passerelle , longue de 90 mètres dont 50 surplomberont les quais, reliera le c£ur de Mons à la nouvelle ville, située à l'entrée de la Cité du Doudou. Les 110 millions d'euros nécessaires à cette rénovation, passerelle comprise, seront octroyés à 100 % par la SNCB. Ce projet faramineux devrait changer la vision de la ville. L'accessibilité des deux extrémités de la gare permettra de réconcilier le centre historique de Mons et les sites des Grands Prés, de Mons Expo et du Grand Large. Un millier de nouveaux logements devraient aussi être érigés dans cette partie-là de l'agglomération. Une gare de bus du TEC sera également construite, du côté " Grands Prés " de la gare, favorisant le transit des 1 200 voyageurs qui combinent le bus et le train, chaque jour. Quelque 800 nouvelles places de parking feront leur apparition, ainsi qu'une centaine de places réservées aux deux-roues. Plus globalement, le quartier de la gare, l'un des plus dégradés du chef-lieu hennuyer, devrait largement profiter de cette rénovation urbaine. Un centre de congrès devrait ainsi être construit au pied de la nouvelle gare. " Les milieux d'affaires sont de plus en plus demandeurs de congrès organisés dans des villes de taille moyenne, Bruxelles étant tous les jours plus encombrée, poursuit Elio Di Rupo. Or, Mons, proche de l'aéroport de Charleroi, est idéalement placée pour ce type d'événement. Ce qui devrait être un atout sur le plan du tourisme d'affaires international. " Le financement de ce nouveau centre sera assuré à 90 % par des fonds européens, le solde étant à charge de la commune. H. Br.