D'après une enquête de la Fédération des étudiants francophones de Belgique (FEF) auprès de 4 000 étudiants, publiée le 1er décembre 2011, le coût moyen d'une année d'étude en Fédération Wallonie-Bruxelles s'élève à 9 046 euros pour un étudiant kotteur et à 4 211 euros pour un non-kotteur.
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D'après une enquête de la Fédération des étudiants francophones de Belgique (FEF) auprès de 4 000 étudiants, publiée le 1er décembre 2011, le coût moyen d'une année d'étude en Fédération Wallonie-Bruxelles s'élève à 9 046 euros pour un étudiant kotteur et à 4 211 euros pour un non-kotteur. La Belgique a ratifié en 1983 le pacte de New York relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, adopté par l'Assemblée générale des Nations unies en 1966, dont l'article 13 stipule que " l'enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité [...] notamment par l'instauration progressive de la gratuité ". La réalité du paysage académique belge reste donc encore bien éloignée de la théorie. Le contexte européen de ces dernières années n'a pas favorisé la réduction du coût des études de l'enseignement supérieur. Mais ce n'est pas une fatalité. La Finlande est souvent citée en exemple : l'inscription à l'enseignement supérieur y est gratuite. L'étude de la FEF décline les coûts les plus importants auxquels un étudiant kotteur est confronté chaque année : en moyenne, quelque 4 800 euros pour le loyer et la garantie locative (53 % du budget), 1 500 euros pour l'alimentation (17 %), 850 euros de minerval et de frais scolaires (livres, stages, soit 9 %), 245 euros en transport et 830 euros pour les coûts divers, tels l'abonnement à Internet et les loisirs. Le minerval moyen des universités (720 euros, chiffre de 2008) diffère de celui des Hautes Ecoles (530 euros). Il a cependant tendance à diminuer ces dernières années (- 76 euros), explique la FEF sur la base de son étude 2011. Des réductions sont en outre accordées à certaines catégories d'étudiants. Les étudiants universitaires réalisent par ailleurs moins de stages que dans les Hautes Ecoles. Et ils dépensent en moyenne 295 euros en matériel didactique (chiffre de 2008) contre quelque 375 euros pour leurs collègues des Hautes Ecoles. Autre particularité, les minervaux de certaines Hautes Ecoles dépassent largement le niveau légal. Caroline, étudiante en communications appliquées à l'Institut des hautes études en communications sociales (IHECS), explique : " L'institution met à notre disposition du matériel de qualité - caméras, appareils photo, studios et autres - nécessaire à notre apprentissage pratique. Beaucoup d'entre nous acceptent de payer un minerval de près de 1 000 euros si c'est pour assurer la qualité de notre formation. " Les supports de cours ne connaissent aucune limitation de coûts. Ils peuvent parfois dépasser le montant du minerval. Le montant des droits d'inscription dans l'enseignement supérieur reste faible en Belgique comparé à d'autres pays européens. Le Royaume-Uni s'illustre, par exemple, avec ses minervaux exorbitants qui obligent de nombreux étudiants à recourir à un emprunt. Toutefois, réduire le coût des études au seul minerval revient à occulter une part de la réalité. Le logement représente la plus importante des dépenses annuelles pour les étudiants kotteurs. Les étudiants de condition peu aisée peuvent solliciter une allocation d'étude. Attention, toutefois, elle ne couvre qu'une partie des frais. Excepté les cas d'abandon de scolarité, l'allocation n'est pas remboursable. Tous les établissements de l'enseignement supérieur fournissent un formulaire dans le cas d'une première demande. Un courrier est envoyé par la poste lors du renouvellement l'année suivante. Le montant de l'allocation varie d'un étudiant à l'autre. Il est calculé en fonction des revenus imposables du dernier extrait de rôle, du nombre de personnes à charge, du fait de bénéficier ou non d'allocations familiales. Si un changement se produit dans la situation familiale d'un étudiant, ce dernier peut profiter d'une allocation provisoire forfaitaire. Dans ce cas-là, l'allocation doit être remboursée à terme. Le ministre Jean-Claude Marcourt (PS) en charge de la gestion des allocations d'étude au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles a annoncé en novembre dernier qu'un budget de 1,2 million d'euros avait été débloqué pour les étudiants candidats à une bourse. Les étudiants boursiers peuvent introduire leur demande via un formulaire sur Internet. Le ministre de l'Enseignement supérieur a aussi promis un versement plus rapide des bourses. La prestigieuse Académie royale de Belgique a publié un rapport sur le financement de l'enseignement supérieur. Ses auteurs ont observé une croissance des fonds attribués. Ils notent néanmoins que cette " apparente croissance " cache " une baisse constante de l'allocation par étudiant, de la part du budget de la Communauté française allouée à l'enseignement supérieur ". Ceux dont le dossier n'est pas recevable pour une demande d'allocation d'étude peuvent encore tenter leur chance via un prêt d'étude. Il s'agit d'une aide financière octroyée aux étudiants issus de familles d'au moins trois enfants à charge, mais elle est remboursable avec intérêts. Par Benoit Theunissen (IHECS)