Le dossier de la migration vers l'Europe a certes quitté la Une des journaux. Il a pourtant continué à charrier son lot hebdomadaire de victimes en 2019. Trois lieux ont symbolisé la permanence de ce défi pour les Européens. Un zoning industriel proche du po...

Le dossier de la migration vers l'Europe a certes quitté la Une des journaux. Il a pourtant continué à charrier son lot hebdomadaire de victimes en 2019. Trois lieux ont symbolisé la permanence de ce défi pour les Européens. Un zoning industriel proche du port de Tilbury sur la Tamise, à l'est de Londres : le 23 octobre, l'ouverture d'un camion frigorifique, enregistré en Bulgarie et dont la remorque avait transité par Zeebruges, a révélé la mort de 39 ressortissants vietnamiens. Sinistre illustration du cynisme des trafiquants d'êtres humains. Le couloir méditerranéen entre la Libye et l'Italie, ensuite : près des deux tiers des décès de migrants de 2019 par noyade au sud de l'Europe (plus de 1 100) y ont été enregistrés. Le naufrage le plus meurtrier a eu lieu le 25 juillet au large de la ville libyenne de Khoms, faisant quelque 115 morts et disparus. Destination privilégiée de la vague de candidats réfugiés lors de la crise de 2015, l'île grecque de Lesbos, enfin, a vu sa situation s'aggraver malgré la prolongation de l'accord de rétention sur le territoire turc conclu entre Ankara et l'Union européenne. Une évolution qui pousse l'activiste des droits de l'homme Jean Ziegler à titrer Lesbos, la honte de l'Europe, (Seuil, 144 p.) l'essai qu'il publie en janvier 2020.