Les monnaies virtuelles font figure aujourd'hui de 'nouvel or'. C'est en tout cas l'impression que l'on peut avoir. De plus en plus de personnes, investisseurs chevronnés ou novices pas très au fait des marchés financiers, placent de l'argent dans ce domaine. "Comme les comptes épargne ne rapportent presque plus rien aujourd'hui, il est tentant de succomber à la mode du moment. Les gens recherchent des alternatives offrant des rendements plus élevés. Mais pour comprendre le bitcoin et les cryptomonnaies, il est important d'en connaître le contexte et d'identifier les risques inhérents à l'argent virtuel", explique Ben Granjé de la VFB.
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Les monnaies virtuelles font figure aujourd'hui de 'nouvel or'. C'est en tout cas l'impression que l'on peut avoir. De plus en plus de personnes, investisseurs chevronnés ou novices pas très au fait des marchés financiers, placent de l'argent dans ce domaine. "Comme les comptes épargne ne rapportent presque plus rien aujourd'hui, il est tentant de succomber à la mode du moment. Les gens recherchent des alternatives offrant des rendements plus élevés. Mais pour comprendre le bitcoin et les cryptomonnaies, il est important d'en connaître le contexte et d'identifier les risques inhérents à l'argent virtuel", explique Ben Granjé de la VFB. Inventé en 2008 par le Japonais Satoshi Nakamoto (pseudonyme à l'identité mystérieuse), le bitcoin est la plus ancienne des cryptomonnaies. Son objectif était de faciliter les transactions financières grâce à une monnaie virtuelle. En termes simples, il s'agit d'un code informatique auquel une valeur est attribuée. La première véritable transaction en bitcoins a eu lieu une bonne année plus tard: 10.000 bitcoins pour une... pizza. Ce qui fait la particularité du bitcoin et des autres monnaies virtuelles, c'est qu'ils ne sont pas liés à une entreprise ou un pays. Personne ne peut annuler ou arrêter une transaction en bitcoins. "Il s'agit d'un système ouvert, accessible à tous. Personne n'a besoin d'une autorisation pour y accéder ou ne peut en être exclu. Et c'est exactement ce qui rend le système très attractif, notamment pour les jeunes investisseurs et les étudiants", déclare Dieter Haerens de BinckBank. Une constatation que fait aussi la VFB. "Le système a une image branchée et il a permis récemment de réaliser de belles plus-values. Il convient toutefois de nuancer un peu le débat car les articles qu'on peut lire en ligne sont juste un florilège d'expériences positives. Gagner effectivement beaucoup d'argent et pouvoir consolider ses gains reste l'exception", poursuit Ben Granjé. Le bitcoin repose sur un système numérique, la technologie blockchain, où chaque transaction est stockée dans une chaîne en ligne. Plus cette chaîne devient longue, plus la puissance de calcul nécessaire est importante. En s'équipant d'outils et de logiciels sophistiqués, les plus passionnés de technologie peuvent se lancer eux-mêmes dans la production de bitcoins via un système de 'minage'. Mais la façon la plus courante de se procurer des cryptomonnaies aujourd'hui est de les acheter par le biais de plates-formes d'échange spécifiques, comme Coinbase ou Kraken. Dieter Haerens: "Quand Satoshi Nakamoto a inventé le bitcoin il y a presque 10 ans, il en a également fixé la limite à 21 millions d'unités. Le compteur est aujourd'hui à environ 16,7 millions. L'intérêt croissant pour cette monnaie crée automatiquement une situation de rareté qui fait encore plus grimper les prix. Le principe même de la loi de l'offre et de la demande." La monnaie virtuelle a fortement progressé au cours des derniers mois. "Beaucoup spéculent dessus pour réaliser des gains à court terme. On observe alors de très fortes fluctuations des cours qui montent en flèche quand il y a beaucoup d'achats ou chutent brusquement quand de multiples détenteurs de bitcoins vendent pour prendre leurs bénéfices. Mais nous n'avons aucune indication de la valeur réelle de la monnaie virtuelle. En fait, elle vaut simplement ce que quelqu'un est prêt à payer pour l'avoir", poursuit Ben Granjé. De quoi rendre le bitcoin et les autres cryptomonnaies fragiles, tel une bulle qui peut éclater à tout moment. Dieter Haerens: "Investir dans le bitcoin, c'est spéculer sur l'avenir. La chute peut faire alors très mal. Cette possibilité est bien réelle. Je vois par exemple beaucoup de similitudes avec la fin des années 1990 et la bulle boursière Internet qui a éclaté en 2000. À cette époque aussi, on a spéculé à grande échelle et attaché plus d'importance à la part de marché qu'aux revenus nets." Il y aurait tant à dire aussi sur la sécurité des cryptomonnaies qui, après tout, ne sont pas de l'argent réel. "Elles ne sont pas émises par une banque centrale ou un émetteur de moyens de paiement électronique reconnu. Le bitcoin n'est donc soumis à aucun contrôle. Par conséquent, le risque de piratage n'est pas inexistant. Si quelqu'un a réussi à le crypter, quelqu'un sera un jour également capable de casser le code. De plus, si vous perdez votre mise, vous n'avez nulle part où aller pour demander réparation", précise Dieter Haerens. La VFB ne déconseille néanmoins pas à ses membres d'investir dans de la cryptomonnaie. "Il est clair qu'il s'agit d'un investissement risqué, avec un aspect spéculatif important. Mais vous ne pouvez pas empêcher les gens d'essayer. Et si ça se passe mal, ce sera l'occasion de sensibiliser le public aux risques et de mieux l'informer. Soit on gagne, soit on apprend. Le sujet est très vivace chez nos membres. Raison pour laquelle nous organisons aussi des sessions sur la façon d'aborder les cryptomonnaies avec réalisme, en considérant tous les tenants et aboutissants." Les jeunes, en particulier, semblent être attirés par le concept. Ben Granjé: "Pour les placements boursiers classiques, les règles sont assez strictes. Certaines banques déconseillent même aux jeunes d'investir dans des actions. Les banques intègrent, en outre, de nombreux mécanismes de sécurité qui écrèment indirectement une partie de la plus-value. Les monnaies virtuelles sont attrayantes, notamment grâce aux applications qui ont été développées et qui en simplifient l'accès. Cette 'gamification' va certes loin mais elle offre en même temps la possibilité de donner à ce groupe cible les connaissances nécessaires du marché financier. Ces connaissances sont actuellement trop peu enseignées à l'école et c'est précisément là que réside un danger encore beaucoup plus grand." Le CEO de BinckBank reconnaît également ce problème. "La culture financière des Belges demeure encore insuffisante. En tant que banque d'investissement, nous voulons aider les jeunes et les moins jeunes à faire les bons choix financiers en adoptant une bonne attitude. Tout le monde n'est pas obligé de devenir un spécialiste de la Bourse, mais il faut pouvoir comprendre les bases du fonctionnement des marchés financiers. Trop de gens se fient aujourd'hui à leur instinct. Or, il faut se rendre compte des risques. Si la bulle Bitcoin éclate, les choses peuvent aller subitement très vite, surtout pour ceux entrés tardivement dans le jeu. À ceux qui veulent encore y goûter, je conseillerais de le faire avec seulement une petite partie de leurs avoirs."