La crise économique n'épargne pas l'industrie automobile. L'exercice 2008 s'est clôture par une baisse significative du nombre d'immatriculations dans de nombreux pays européens. En Belgique, par contre, malgré la récession, la barre des 526 141 ventes, record absolu atteint en 2006, est encore dépassée en 2008. On n'en affiche pas pour autant un large sourire du côté de la Febiac, la Fédération belge de l'industrie automobile et du cycle (Febiac). " C'est la crise. Une crise rapide, profonde, brutale. La plus brutale jamais connue du haut de mes quarante ans de métier, commente Pierre-Alain de Smedt, président de la Febiac. La baisse de 16,...

La crise économique n'épargne pas l'industrie automobile. L'exercice 2008 s'est clôture par une baisse significative du nombre d'immatriculations dans de nombreux pays européens. En Belgique, par contre, malgré la récession, la barre des 526 141 ventes, record absolu atteint en 2006, est encore dépassée en 2008. On n'en affiche pas pour autant un large sourire du côté de la Febiac, la Fédération belge de l'industrie automobile et du cycle (Febiac). " C'est la crise. Une crise rapide, profonde, brutale. La plus brutale jamais connue du haut de mes quarante ans de métier, commente Pierre-Alain de Smedt, président de la Febiac. La baisse de 16,42 % des ventes en novembre par rapport à 2007 constitue un premier signal d'alarme ". Baisse à relativiser légèrement, toutefois, en raison des deux jours ouvrables supplémentaires de novembre 2007. Pas de miracle donc, contrairement à certains pays (comme la Pologne, par exemple), les ventes de voitures neuves baissent aussi en Belgique sur les derniers mois de l'année. Le bilan annuel est finalement sauvé par une excellente conjoncture durant les six premiers mois (+ 7,19 % à la fin du mois de juin). De plus, la baisse des ventes rencontrées durant le dernier trimestre en Belgique reste comparativement faible par rapport à la majorité des pays membres de l'Union (- 6,83 % en octobre et - 16,42 % en novembre, alors que les moyennes européennes sont à -14,5 % et - 25,8 %). " Ce sont les marchés sur lesquels on avait assisté à une brusque accélération des ventes, comme l'Irlande ou l'Espagne, qui s'effondrent actuellement, analyse Joost Kaesemans, directeur de la communication de la Febiac. Le marché belge n'a rien d'une bulle prête à éclater, l'augmentation du nombre de véhicules sur le marché s'est passée de manière très graduelle. " Outre cette stabilité structurelle, le marché belge reste évidemment porté par l'importance du nombre de voitures de société. En Belgique, elles représentent une voiture neuve immatriculée sur deux. Sur les mois d'octobre et de novembre, seules les ventes " à particuliers " fléchissaient d'ailleurs en Belgique. Le marché des véhicules professionnels restant, jusqu'ici, globalement stable. Mais l'effondrement de la valeur résiduelle, principalement des berlines allemandes, risque néanmoins de modifier légèrement la donne. On a donc sauvé de justesse les meubles en 2008. Selon les projections, l'année nouvelle ne devrait toutefois pas se montrer aussi clémente. La Febiac reste néanmoins optimiste en annonçant un recul des ventes de 10 à 20 % pour 2009. Constat partagé par Philippe Portal, directeur général Renault Belgique Luxembourg, marque qui réalise la plus belle progression en 2008. " Il faut certainement s'attendre à une baisse importante durant les premiers mois de l'année. Outre le contexte de crise économique, 2009 s'ouvre avec le salon de l'utilitaire, ce qui ralentit déjà généralement les ventes d'environ 5 %. Sans compter que les premiers mois de 2008 étaient excellents. Au final, nous devons donc être prêts à affronter une régression qui pourrait monter jusqu'à 20 % durant les premiers mois. " L'essentiel étant toutefois, ajoute Philippe Portal, de ne surtout pas succomber à la " sinistrose ambiante ". J.-F. Ch.