Dans la gestion de portefeuille, l'accumulation de biais cognitifs a souvent d'importantes conséquences négatives. Passage en revue de quelques-unes de ces erreurs de décision ou de comportement, provoquées par un mauvais traitement erroné de l'information.
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Dans la gestion de portefeuille, l'accumulation de biais cognitifs a souvent d'importantes conséquences négatives. Passage en revue de quelques-unes de ces erreurs de décision ou de comportement, provoquées par un mauvais traitement erroné de l'information. L'excès de confiance : les sondages auprès d'investisseurs particuliers montrent qu'en moyenne ils estiment que leurs rendements personnels futurs seront supérieurs de 2 % par an au rendement de la Bourse en général. Cet excès de confiance pousse les investisseurs à pratiquer une gestion active. Or, en faisant un nombre élevé de transactions, ils réduisent leurs rendements. [...] La projection des tendances récentes dans le futur : [...] à cause de ce biais cognitif, les investisseurs particuliers ont tendance à acheter "Haut" et à vendre "Bas", c'est-à-dire à faire le contraire de ce qu'ils devraient. L'influence du prix payé : quand la plupart des investisseurs examinent leurs portefeuilles, ils sont influencés par le prix d'achat de leurs actions alors que cette information ne devrait avoir aucune influence sur leurs décisions. Quand le cours d'une action a baissé en dessous du prix d'acquisition, ils ont tendance à considérer que la perte n'est réelle que le jour où l'action est vendue. La bonne manière de faire est de se demander : "Si je n'avais pas cette action en portefeuille, est-ce que je l'achèterais aujourd'hui ?" Si la réponse est non, ils feraient mieux de la vendre. Ce biais cognitif a entraîné de nombreux épargnants belges à la catastrophe lors de la chute de l'action Fortis. La confusion entre placement familier et placement sûr : les investisseurs belges ont tendance à acheter plus d'actions belges et de fonds indiciels basés sur le BEL20 que les investisseurs des autres pays. Ils considèrent que l'action Nordea (une grande banque finlandaise) est un investissement plus risqué que l'action KBC. De leur côté, les Finlandais et les Slovènes pensent le contraire ! Ce qui est proche rassure. La prudence et le bon sens veulent qu'un investisseur belge n'ait aucune action belge et que l'employé d'une entreprise ne possède aucune action de son entreprise. En effet, c'est cumuler les risques sans raison. Si la situation politique ou économique belge se détériore, tous les Belges en pâtiront. La Bourse belge chutera également. Pourquoi ajouter ce risque aux autres ? Même chose pour les employés d'une entreprise. En cas de faillite, les employés-actionnaires perdent à la fois leur emploi et leurs économies. L'oubli des coûts accessoires : certains épargnants utilisent comme critère de choix le rendement brut des placements envisagés et non le rendement net, c'est-à-dire après frais, taxes, impôts et autres moins-values. Attirés par les rendements espérés de la Bourse, par l'absence de précompte mobilier et par les incitations de leurs courtiers en assurances, ils placent leurs économies dans des produits "branche 23". Ils ne tiennent pas compte de la taxe sur prime d'assurances de 1,1 %, ni des commissions d'entrée, de gestion et de distribution particulièrement lourdes pour ce type de placement. Un placement dans un ETF (1) de capitalisation, à faibles frais, basé sur le même type de portefeuille, leur garantirait un rendement annuel supérieur. [...] "(1) Exchange Traded Fund, fonds coté en Bourse, se différenciant des fonds communs de placement.