Avec ce large sourire qui lui plisse les yeux, Catherine De Bolle ressemble à ses photographies. Mais plus qu'un nouveau visage, la police fédérale s'est trouvé une nouvelle tête. Ex-chef de corps de la police locale de Ninove, cette juriste de formation entrée à la gendarmerie en 1994 a remporté haut la main l'épreuve de sélection au mandat de commissaire général. Catherine De Bolle était la seule femme sur dix candidats. Parmi eux, son prédécesseur Fernand Koekelberg et deux des trois directeurs généraux avec lesquels elle doit aujourd'hui travailler.
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Avec ce large sourire qui lui plisse les yeux, Catherine De Bolle ressemble à ses photographies. Mais plus qu'un nouveau visage, la police fédérale s'est trouvé une nouvelle tête. Ex-chef de corps de la police locale de Ninove, cette juriste de formation entrée à la gendarmerie en 1994 a remporté haut la main l'épreuve de sélection au mandat de commissaire général. Catherine De Bolle était la seule femme sur dix candidats. Parmi eux, son prédécesseur Fernand Koekelberg et deux des trois directeurs généraux avec lesquels elle doit aujourd'hui travailler. Catherine De Bolle : La première sans doute. Ce n'est pas banal de monter si haut dans la carrière quand on est une femme. On retrouve le problème de combinaison entre vie privée et vie professionnelle. Dans une telle fonction, ce n'est pas toujours évident. Il faut s'organiser. J'ai tout un réseau autour de moi qui veut et peut m'aider. Nous en avons aussi discuté avec mon mari, qui a repris certaines de mes responsabilités. [Brève hésitation.] Je crois que oui. Au moment où j'y suis entrée, j'étais l'une des premières femmes. Il est normal que celles arrivées à cette époque gravissent seulement les échelons. Mais l'esprit de la gendarmerie était très ouvert, quoi qu'on en dise. Oui. Je crois que la police doit être le reflet de la société, et cela ne se limite pas aux femmes. Je suis également favorable à la diversité en matière d'origines. Faire le tour de la Belgique pour visiter les unités décentralisées de la police fédérale. Je veux rencontrer un maximum de gens et les écouter. Que veulent-ils ? Que pensent-ils qu'il faille améliorer au sein de la police ? Je leur présenterai aussi ma vision des choses. La première priorité pour un policier, c'est le citoyen. Travailler pour lui constitue l'essentiel de notre boulot. Tout le monde au sein des services de police doit garder cela en tête. La liste peut encore changer, mais on devrait y retrouver la circulation, notamment les chiffres à atteindre en matière de contrôles, le trafic de drogue, d'êtres humains, les vols dans les habitations... Nous avons aussi un plan interne à la police fédérale, le plan ICT (Information and Communications Technology), qui vise à améliorer notre système informatique. C'est un point très important pour moi. Nous sommes là pour soutenir la police locale et les enquêtes. L'information doit être là au bon moment auprès du policier qui en a besoin. L'un de mes plans d'actions visera justement à intensifier les relations entre police locale et fédérale. Elles existent déjà, mais elles ne sont pas encore institutionnalisées. Cela dit, le pays entier vit une période budgétaire difficile. Nous devons trouver comment travailler de manière plus efficace et plus rationnelle. Il nous faudra déterminer les tâches essentielles de la police intégrée, celles de la police locale et fédérale, où cette dernière peut apporter une plus-value au travail de la police locale... Je suis sûre que la police locale est également demandeuse. La combinaison des deux. Beaucoup de gens d'expérience vont nous quitter au cours des prochaines années. Ce sont souvent des spécialistes, les remplacer sera un défi. Nous n'avons pas de problème de recrutement, mais à condition d'en avoir les moyens. Le statut policier est très compliqué et les nombreuses règles ne sont pas toujours appliquées de la bonne manière ou avec la philosophie voulue. Or l'intégrité au sein de la police fédérale constitue l'une de mes priorités. On doit se montrer irréprochables dans le respect des règles et des normes. La confiance que la population accorde à la police fédérale est entamée. Je veux vraiment travailler là-dessus. En femme d'analyse, je vais examiner la situation au sein de la police fédérale afin d'identifier où se trouvent les abus. Par la suite, je prendrai les mesures nécessaires. Mais à moyen ou à plus long terme, il faudra revoir ce statut, en concertation avec les partenaires sociaux. ENTRETIEN : ETTORE RIZZA" La police doit être le reflet de la société "