La lecture de l'éditorial publié dans l'édition de ce 23 janvier de votre hebdomadaire nous a consternés. Athée, agnostique ou croyant, qu'importe pourvu que l'individu agisse de manière responsable et solidaire : il contribuera ainsi au bien-être collectif en même temps qu'à son épanouissement personnel. Prétendre ouvrir le dialogue et se parer du manteau du respect des opinions de l'autre " pourvu qu'elles soient tolérantes ", mais mettre longuement en exergue la thèse d...

La lecture de l'éditorial publié dans l'édition de ce 23 janvier de votre hebdomadaire nous a consternés. Athée, agnostique ou croyant, qu'importe pourvu que l'individu agisse de manière responsable et solidaire : il contribuera ainsi au bien-être collectif en même temps qu'à son épanouissement personnel. Prétendre ouvrir le dialogue et se parer du manteau du respect des opinions de l'autre " pourvu qu'elles soient tolérantes ", mais mettre longuement en exergue la thèse d'un auteur qui présente le concept même de " Dieu " comme la source des déchaînements de violence collective dont l'être humain est capable, comme un obstacle au bonheur individuel et comme une notion sans réelle crédibilité pour un esprit sérieux, voilà qui est pour le moins contradictoire. Le dialogue ne se construit pas sur le dénigrement ! Peut-être aurait-il été plus intéressant d'analyser le discours d'investiture de Barack Obama qui, sans être " messianique ", porte cependant les espoirs d'une fraction importante des citoyens américains et de bien des personnes à travers le monde ? Analyse qui aurait pu être l'occasion notamment de se féliciter du fait qu'en Europe il n'est plus envisageable qu'un président prête serment sur la Bible, de dresser néanmoins l'inventaire des confusions qui subsistent dans les 27 pays de l'Union européenne entre politique et religion ou encore de rappeler la chronologie des avancées intervenues à cet égard en Belgiqueà Beaucoup plus intéressante encore serait la démarche d'offrir une tribune à des personnes de toutes les traditions porteuses de sens pour débattre à propos de la place des convictions dans la vie sociale et de la manière dont la neutralité de l'Etat est amenée à se manifester vis-à-vis des religions et des philosophies non confessionnelles. Du fait de la diversité des convictions présentes dans la société belge et de leurs implications sur les modes de vie individuels et collectifs, il est urgent d'élaborer tous ensemble un schéma de référence pour adopter des solutions cohérentes en réponse aux multiples problèmes concrets découlant du pluralisme : le port du voile islamique ou l'enseignement de la théorie de l'évolution ne sont en ce domaine que des exemples parmi tant d'autres ! (*) membres de l'ASBL Convictions en Dialogue. J.Borremans M.Boulif M&G.Dewree Ph.D'Haeyere J.-P.Laperche J.-M.Lochten E.Vander Meulen I.Wouters *