L'art de gouverner redevient à la mode tant l'exercice s'est complexifié. Paul-Henri Trollé, un ex-préfet français et ancien fonctionnaire actif dans les services de sécurité et en politique, en donne une intéressante illustration, sous le nom de plume d'Atticus, dans Gouverner, une ambition dont il faut avoir les talents (...

L'art de gouverner redevient à la mode tant l'exercice s'est complexifié. Paul-Henri Trollé, un ex-préfet français et ancien fonctionnaire actif dans les services de sécurité et en politique, en donne une intéressante illustration, sous le nom de plume d'Atticus, dans Gouverner, une ambition dont il faut avoir les talents (Odile Jacob, 250 p.). L'ouvrage identifie d'abord quelques pathologies des démocraties occidentales. Le décalage entre l'attente citoyenne et le temps politique : " L'impatience de l'électeur est incompatible avec les délais de l'action profonde du gouvernement. " La tentation du reniement par facilité : " Un gouvernement a beau vouloir se conformer à d'impératives restrictions, il se réserve d'y déroger tous les jours par ses générosités. " L'illusion de la concertation : " Quand un gouvernement s'éveille à recevoir des conseils, il a déjà formé ses résolutions. Il essaie de convaincre ses interlocuteurs. A la rigueur il peut, par concession tactique, accepter de modifier, à la marge, sa base de travail. " Ou l'asservissement à l'économie : " La bienveillance est le but de l'acte politique. L'impératif économique (réaliser un produit commercialisable au coût le plus faible possible) a déteint sur la logique politique, qui en a perdu ses certitudes. " Au-delà des constats, l'auteur a le mérite d'avancer des pistes de solutions, adaptées au cadre français : gouverner par projets, instaurer une vraie proportionnelle dans les scrutins, augmenter leur fréquence et le renouvellement des élus, ou peaufiner le chemin pour y parvenir quand on se pique de vouloir transformer la société...