Qui a dit que les responsables politiques étaient des stars ? Ils refuseront bien sûr la comparaison. Et pourtant ! Il suffit de se faufiler dans les coulisses des meetings pour s'apercevoir qu'en campagne les deux mondes ne sont pas si éloignés : à chacun ses petites habitudes, ses grigris età ses caprices.
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Qui a dit que les responsables politiques étaient des stars ? Ils refuseront bien sûr la comparaison. Et pourtant ! Il suffit de se faufiler dans les coulisses des meetings pour s'apercevoir qu'en campagne les deux mondes ne sont pas si éloignés : à chacun ses petites habitudes, ses grigris età ses caprices. Une scène est une scène et, qu'elle soit pop ou pol', les images doivent être réussies. Pour tous, donc, avant le show, un coup de pinceau. Nicolas Sarkozy ne voyage jamais sans sa maquilleuse attitrée. En 2007, " Marina " masquait déjà un moment de fatigue par un trait de blush. Dans la loge du candidat, un petit espace lui est toujours réservé. Eva Joly, elle, a tout l'attirail dans son sac et préfère se débrouiller seule. Sauf ces derniers temps, où quelques bleus ont nécessité le concours d'un professionnel. Quant à François Bayrou, soucieux de la qualité des photos, il fait aussi appel à une maquilleuse. Mais le centriste ne l'emmène pas systématiquement dans ses bagages et a recours - faut-il y voir une déclinaison de son programme ? - à l'artisanat local. Le rituel change un peu avant une télé : passage obligé par une douche très chaude. Pas une minute à perdre pour François Hollande. Pendant la séance antirides, anticernes, le socialiste relit, note et annote son texte. Jusqu'au dernier moment. Le 22 octobre 2011, jour de son investiture à la halle Freyssinet, assis au premier rang, il joue les équilibristes : une oreille à l'écoute de ses ex-concurrents de la primaire en train de discourir, un tas de feuilles sur les genoux et un stylo à la main pour les ultimes ajustements. L'image du rassemblement valait bien une exception, car François Hollande préfère habituellement se réfugier dans sa loge, où il peut se concentrer en toute tranquilité. Il en limite strictement l'accès - surtout au moment de se coiffer -, tout comme Jean-Luc Mélenchon. Lui aussi perfectionniste, le leader du Front de gauche peaufine, avec une poignée de conseillers - sauf à la Bastille, où Marie-George Buffet s'y colla - les charnières de ses discours, cisèle une formule, rode une citation galvanisante. Nicolas Sarkozy, au contraire, aime bien être entouré. Il fait venir, au gré des meetings, des personnalités de la majorité. Séquence détente. " On ne parle pas de ce qu'il va dire, plutôt de la pluie et du beau temps ", raconte Hervé Novelli, secrétaire général adjoint de l'UMP. Le staff veille à ce qu'il ne manque rien sur un bureau installé pour l'occasion : l'incontournable assiette de chouquettes, une autre de chocolats - à Villepinte, un ministre inconscient en a fait son 4 heures - sans oublier des biscuits. Pas n'importe lesquels, s'il vous plaît : des Petit Ecolier de LU au chocolat au lait format pocket. Autre détail qui n'en est pas un : des toilettes privatives. En 2007, une loge en était dépourvue et les fautifs se souviennent encore de la colère du candidat. Inutile de préciser que l'erreur n'a jamais été renouvelée. S'est-il inspiré d'un truc de son idole Johnny Hallyday ? En tout cas, pour chauffer sa voix, Nicolas Sarkozy tousse beaucoup. Jean-Luc Mélenchon préfère chanter. Georges Brassens lui est d'un grand service pour les tonalités graves. Il travaille aussi sa respiration par le biais d'exercices piochés, dit-il, dans des " livres ". C'est aussi utile pour évacuer le stress. Marine Le Pen, elle, grille une cigarette. Par crainte peut-être d'être taxés de superstitieux ou de fétichistes, les candidats préfèrent garder pour eux, s'ils en ont un, leurs porte-bonheur. Tout juste saura-t-on qu'Eva Joly se sépare rarement d'un collier en forme de papillon qui appartient à sa fille. " Je préfère, confie-t-elle joliment, l'avoir autour du cou qu'avoir des papillons dans le ventre. "BENJAMIN SPORTOUCHPour tous, avant le show, un coup de pinceau s'impose : image oblige !