Le nouvel attentat au couteau qui a eu lieu dans la basilique Notre-Dame de Nice, le 29 octobre, est un drame de plus dans le long chapelet du terrorisme qui s'égrène ces dernières années dans l'Hexagone. Depuis la republication des caricatures de Mahomet, celui-ci, comme les autres, vise délibérément la France, ses fondamentaux ou ses symboles que sont la laïcité et la liberté d'expression. Il est vrai que, entre les attentats de 2012 et les mesures du gouvernement décidées après l'assassinat de Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine, le 16 octobre, les communautés musulmanes en France encaissent pour quelques terroristes qui se sont drapés du costume de justicier et autoproclamés défenseurs de Mahomet. Elles sont aussi instrumentalisées et dépassées, souvent par la bande, par leurs franges radicales islamistes et peinent à réagir.
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Le nouvel attentat au couteau qui a eu lieu dans la basilique Notre-Dame de Nice, le 29 octobre, est un drame de plus dans le long chapelet du terrorisme qui s'égrène ces dernières années dans l'Hexagone. Depuis la republication des caricatures de Mahomet, celui-ci, comme les autres, vise délibérément la France, ses fondamentaux ou ses symboles que sont la laïcité et la liberté d'expression. Il est vrai que, entre les attentats de 2012 et les mesures du gouvernement décidées après l'assassinat de Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine, le 16 octobre, les communautés musulmanes en France encaissent pour quelques terroristes qui se sont drapés du costume de justicier et autoproclamés défenseurs de Mahomet. Elles sont aussi instrumentalisées et dépassées, souvent par la bande, par leurs franges radicales islamistes et peinent à réagir. Loin des terroristes d'avant 2015 formés aux techniques paramilitaires sur le territoire de Daech, les individus qui commettent ces actes "au nom de l'islam" sont-ils des brebis égarées sans conviction profonde ou des individus inscrits dans un tissu de radicalisation infiltré au coeur de notre société? Difficile à dire mais leur mode opératoire, le choix du couteau, est à la fois celui de la facilité et celui du symbole. L'égorgement et la décapitation créent la psychose et renvoient à des temps immémoriaux. La vision violente de la mort, dont nous n'avions plus l'habitude au quotidien, est une solution très efficace pour nous terroriser. Ce qui est clair est que ces individus, téléguidés ou non, cherchent à semer la guerre chez nous. Le problème est que l'on ne peut plus agir inconsciemment dans notre société multiculturelle en ajoutant de l'huile sur le feu dans un pays où il y a aujourd'hui près de 8,5 millions de musulmans, de culture et de religion. C'est suicidaire pour l'unité du pays car c'est bien là la priorité absolue. Or, la promesse hasardeuse du président Emmanuel Macron, lors de l'hommage national à Samuel Paty, de ne pas renoncer à la diffusion des caricatures de Mahomet de Charlie Hebdo pour en inonder les écoles, est une erreur politique majeure. Car même en vertu de l'éternelle liberté d'expression et du droit de blasphème, il y a un temps pour tout, surtout en politique. L'intelligence serait d'éteindre le feu tout en luttant ardemment contre les islamistes qui sont déjà, hélas, comme le ver dans le fruit, et défendus à l'étranger par le président turc Recep Tayyip Erdogan. Alors que le président français devrait s'élever, le voilà pataugeant en plein marigot, devenant chaque jour un peu plus clivant. Emmanuel Macron écorche la fonction présidentielle en attisant le feu et l'appel à la haine, au nom de la liberté d'expression sans limites dont nous déplorons qu'elle soit résumée actuellement à quelques dessins finalement très vulgaires et grossiers. Or, au pays des Lumières, la France glisse chaque jour un peu plus dans un risque d'embrasement sociétal alors que quelques mots du président auraient pu dans un premier temps, celui de l'hommage et du deuil au professeur sauvagement assassiné, réitérer avant tout l'importance lexicale de séparer islam et islamisme, islam politique et terrorisme. Dans une logique de "concorde civile", donc. L'heure est désormais trop grave. Il nous paraît important aujourd'hui de ménager la plus forte communauté musulmane d'Europe, non pas parce qu'elle devrait être privilégiée plus qu'une autre, mais bien parce qu'une large partie n'a rien à voir avec ce dont on l'accuse. Les condamnations des derniers attentats n'ont pas manqué de sa part. Le bras de fer politique contre la société ne peut plus fonctionner pour ramener la paix, tant les tensions sont exacerbées depuis des années. N'est-ce-pas le rôle d'un président de la République de veiller à l'unité plutôt que de diviser davantage? Il faut apaiser tout en luttant. Difficile numéro d'équilibriste. Il y a un fossé entre se concentrer urgemment sur les ressorts de l'islamisme violent que l'on a laissé proliférer depuis des années, mettre en place un arsenal de mesures, et risquer de braquer toute une partie de la population et oeuvrer au renforcement des institutions de l'islam républicain, par exemple. Nous n'avons rien à y gagner. En attendant, ce sont les radicaux catholiques, les tenants de l'ultradroite et de l'ultragauche qui risquent de prendre un jour les armes. Ce choc des civilisations, tant décrié lorsque Samuel Huntington ( NDLR: 1927-2008, professeur américain de sciences politiques) l'a décrit dans les années 2000, n'est plus si loin. Si nous ne revenons pas au plus vite à la raison, dans cette "gestion" calamiteuse de l'islam et si la classe politique persiste dans ce déchaînement des passions polarisantes, c'est bien une guerre civile qui risque d'arriver.