Il aura fallu sept ans - et pas moins de 27 millions d'euros d'investissements - pour moderniser la gare de Charleroi-Sud. Réaménagement des quais, de la façade, du tunnel sous la place, des ascenseurs... Pourtant, deux après son inauguration officielle, il est déjà question de rénover à nouveau ce quatrième noeud ferroviaire wallon. Et les modifications qui devraient être apportées ne seront pas cosmétiques : la zone d'intervention s'étend sur pas moins de 17,5 hectares autour de l'édifice.
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Il aura fallu sept ans - et pas moins de 27 millions d'euros d'investissements - pour moderniser la gare de Charleroi-Sud. Réaménagement des quais, de la façade, du tunnel sous la place, des ascenseurs... Pourtant, deux après son inauguration officielle, il est déjà question de rénover à nouveau ce quatrième noeud ferroviaire wallon. Et les modifications qui devraient être apportées ne seront pas cosmétiques : la zone d'intervention s'étend sur pas moins de 17,5 hectares autour de l'édifice. Certes, il ne s'agit pas de remettre à neuf ce qui l'a déjà été. Les travaux ne concerneront pas le bâtiment à proprement parler. Mais bien tout son environnement. Le projet a été présenté pour la première fois en mars dernier au Mipim, la grand-messe cannoise de l'immobilier international. Ni à la SNCB ni à la Ville de Charleroi on ne parle encore gros sous. Mais, étant donné l'ambition affichée, le budget risque de se révéler pharaonique. Premier axe : " recréer une connexion entre les deux quartiers qui ont un jour été séparés par la gare ", décrit Martine Doutreleau, porte-parole d'Eurogare, le bureau d'études déjà à l'origine du lifting des chantiers de Liège, Mons et Namur. Un large passage d'une vingtaine de mètres sera donc percé sous les voies entre le côté Ville-Basse (Sambre) et La Villette. Des commerces devraient s'y installer. Deuxième axe : édifier une immense verrière qui recouvrirait non seulement la gare mais qui s'étendrait aussi au-dessus d'espaces publics voisins, " pour matérialiser son rôle unificateur et la réaffirmer comme porte d'entrée de la ville ". Viennent ensuite les nombreux aménagements périphériques. Le plus spectaculaire ? La construction (au bout du futur couloir souterrain) d'une salle polyvalente capable d'accueillir 12 000 places pour organiser des événements culturels, sportifs... Aussi vaste que le Sportpaleis d'Anvers ! Avec, juste à côté, un parking de 1 600 emplacements. Et sans doute de nouveaux accès routiers pour y accéder. Les quais de la Sambre devraient par ailleurs être abaissés (comme c'est actuellement le cas sur l'autre rive dans le cadre du projet Phénix) pour réintégrer le canal dans l'environnement. " Sur les terrains qui appartiennent à la SNCB aux alentours, nous souhaitons également recomposer l'espace public pour qu'il puisse abriter du commerce de proximité, du logement... ", ajoute Martine Doutreleau. D'où la présentation au Mipim : la chasse aux investisseurs privés est ouverte. Tout cela n'en est encore qu'au stade de l'étude d'orientation. Aucun architecte n'a été désigné ; les pistes financières doivent encore être exploitées. Même si ce masterplan a reçu l'aval des partenaires concernés (Charleroi, SNCB Holding, SPW, SRWT...), il n'existe que sur le papier. Il devrait se concrétiser par phases. La première d'entre elles n'étant pas espérée avant 2018-2019. Or des projets d'une telle envergure passent rarement comme une lettre à la poste... A ce train-là, il faudra peut-être même penser à rénover une nouvelle fois la gare elle-même. MÉLANIE GEELKENS