Lorsque nous nous trouvons dans un état de stress physique ou psychologique, les surrénales (voir cadre) se mettent à produire du cortisol, également connu sous le nom d'hormone du stress. Il remplit plusieurs fonctions, dont celle de libérer le glucose qui pourrait s'avérer nécessaire dans des circonstances qui requièrent une dose d'énergie supplémentaire. Il intervient aussi dans la lutte contre les infections, le rythme sommeil/veille et la digestion des aliments.
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Lorsque nous nous trouvons dans un état de stress physique ou psychologique, les surrénales (voir cadre) se mettent à produire du cortisol, également connu sous le nom d'hormone du stress. Il remplit plusieurs fonctions, dont celle de libérer le glucose qui pourrait s'avérer nécessaire dans des circonstances qui requièrent une dose d'énergie supplémentaire. Il intervient aussi dans la lutte contre les infections, le rythme sommeil/veille et la digestion des aliments. À en croire les défenseurs de la théorie de la fatigue surrénale, le stress chronique abaisse la production de cortisol, parce que les surrénales " n'arrivent plus à suivre " et fabriquent donc de moins en moins d'hormones. En un mot, elles sont " épuisées " à force d'être trop sollicitées, ce qui se solde par une fatigue persistante, des vertiges, un manque d'énergie, une déprime, une baisse de libido, des plaintes digestives et toute une kyrielle d'autres désagréments. Voilà pour la théorie. Les traitements proposés reposent généralement sur un cocktail d'hormones (à base de cortisol et de molécules apparentées), souvent en combinaison avec des vitamines. Ce genre de thérapie étant de nature à donner un coup de fouet, et ce que les surrénales fonctionnent correctement ou non, la plupart des patients se sentent mieux... et sont donc convaincus du bien-fondé de la théorie sous-jacente. Néanmoins, ceux et celles qui ont déjà fait une cure de cortisone vous le confirmeront : ce traitement nous donne généralement l'impression d'être plus alerte et mieux dans sa peau, même si cet effet est malheureusement transitoire. On assiste alors rapidement à l'apparition d'une accoutumance qui impose d'accroître le dosage, ce qui se solde rapidement par de sérieux effets secondaires. La fatigue surrénale a déjà fait l'objet de plusieurs milliers d'articles médicaux. Ses défenseurs s'efforcent de démontrer que la production de cortisol est effectivement abaissée chez les personnes qui se sentent anormalement fatiguées ou sont fortement exposées au stress. Mais nombre de ces études reposent sur des tests non validés qui ne sont donc pas utilisés dans les cabinets médicaux classiques : les valeurs-seuils de cortisol s'y écartent des normes fixées à l'échelon international. Il suffit donc de modifier légèrement la norme pour " découvrir " soudain toute une série de manques et de carences qui n'en sont pas ! À ce jour, des recherches menées de façon critique n'ont trouvé aucun lien entre une fatigue anormale et la production de cortisol par les surrénales : celle-ci n'est pas abaissée chez les personnes qui se sentent épuisées. Bref, la fatigue surrénale n'est ni plus ni moins qu'un mythe. Oui, mais il n'est pas fiable. Le diagnostic de ceux qui défendent cette " fatigue surrénale " est généralement posé sur base d'une prise de sang pour déterminer le taux de cortisol... en fixant une fourchette de valeurs " normales " qui s'écartent du consensus scientifique. Ceux qui y croient affirment pour se défendre que les endocrinologues utilisent une marge trop généreuse et que les personnes qui présentent un " déficit subclinique " en cortisol sont donc privées d'un traitement dont elles auraient besoin. Pour eux, l'efficacité de la thérapie hormonale apporte la " preuve " que la médecine classique n'est pas fiable. La fatigue hormonale est généralement traitée à l'aide d'un cocktail de vitamines et d'hormones qui n'est malheureusement pas sans dangers. En excès, certaines vitamines peuvent en effet nuire à la santé, sans beaucoup d'effet sur la fatigue. Les préparations hormonales sont encore bien plus néfastes, puisqu'elles risquent de perturber complètement l'équilibre hormonal propre de l'organisme. En consommer en l'absence de manque avéré peut même, à terme, réduire la production hormonale des surrénales, puisque celles-ci reçoivent le signal que le taux sanguin est suffisant ! Vous risquez donc de remplacer une carence imaginaire par un déficit bien réel, avec tous les problèmes de santé qui en découlent. Même à faibles doses, les traitements à base de cortisone comportent en outre un risque de troubles psychiatriques, d'ostéoporose, de douleurs musculaires, de glaucome, de troubles métaboliques, de troubles du sommeil et de maladies cardiovasculaires. Il peut même arriver que la production naturelle de cortisol par l'organisme s'interrompe complètement, et ce de façon irréversible.