Ce ne sera pas faute d'avoir été prévenus. Déjà en 1962, dans son ouvrage Printemps silencieux, Rachel Carson tirait la sonnette d'alarme concernant l'utilisation massive de pesticides. En 1974, le premier candidat écologiste à la présidentielle frança...

Ce ne sera pas faute d'avoir été prévenus. Déjà en 1962, dans son ouvrage Printemps silencieux, Rachel Carson tirait la sonnette d'alarme concernant l'utilisation massive de pesticides. En 1974, le premier candidat écologiste à la présidentielle française, René Dumont, dénonçait l'impossibilité d'une croissance exponentielle à l'infini. Deux ans plus tôt, la modélisation World3 du rapport Meadows prédisait les pics et déclins d'aujourd'hui. Au fil de la dégradation, les virus pathogènes ont émergé et se sont propagés à intervalles de plus en plus rapprochés. Nipah, Sras, H1N1, Mers, Ebola, Covid-19... Nous y voilà. L'illusion selon laquelle on aurait pu tirer les leçons du passé s'est évaporée dès l'instant où le mot "croissance" a été prononcé au sortir du confinement. Les gouvernements ont persisté dans le mensonge par omission, nous condamnant au masque et à la distanciation sociale à perpétuité en vertu d'une équation certes délicate à formuler quand on brigue un nouveau mandat: productivisme + consumérisme = destruction des écosystèmes, donc nouvelles maladies infectieuses. En tuant la biodiversité, nous avons signé notre arrêt de mort. Vaccin ou pas, la dynamique est amorcée. Comment justifier ce massacre auprès des jeunes générations?