Le Conseil constitutionnel décidera le vendredi 17 mai du renvoi ou non de Nicolas Sarkozy devant le tribunal correctionnel dans l'affaire Bygmalion. Dans la course à l'Elysée de 2012, le président sortant annonce sa candidature tardivement et accuse un sérieux retard dans les sondages face à François Hollande. ...

Le Conseil constitutionnel décidera le vendredi 17 mai du renvoi ou non de Nicolas Sarkozy devant le tribunal correctionnel dans l'affaire Bygmalion. Dans la course à l'Elysée de 2012, le président sortant annonce sa candidature tardivement et accuse un sérieux retard dans les sondages face à François Hollande. Décision est donc prise de multiplier le nombre des meetings de campagne (d'une dizaine à 44) et d'en accroître le retentissement (avec les moyens afférents). Résultat : la limite financière autorisée au candidat pour la campagne, 22,5 millions d'euros, explose jusqu'à 43 millions. Pour échapper à la sanction de l'autorité de contrôle, certaines dépenses seront détournées des comptes de campagne vers l'UMP, le parti de Sarkozy, moyennant des fausses factures. Ce subterfuge, le directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy, Jérôme Lavrilleux, l'explique le soir du 26 mai 2014 sur BFMTV, provoquant une déflagration politique inédite. Cet homme est le témoin privilégié du livre La Haine, les années Sarko, des journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme (Fayard, 378 p.). Mais au-delà de l'affaire Bygmalion, il est surtout le décryptage de l'exécration que se vouent depuis 2007 les dirigeants de la droite : Nicolas Sarkozy contre François Fillon, ce dernier contre Jean-François Copé... Récit hallucinant où l'on découvre l'espionnage du camp Fillon par l'équipe de Copé dans la bataille pour l'UMP, la propension de Sarkozy à injurier ses collègues et la solitude mortifère du repenti qui a brisé l'omerta du monde politique.