Une surprise, une de plus ! Dans le dossier DAT, la présidente du tribunal de commerce de Bruxelles, Anne Spiritus-Dassesse aura joué jusqu'au bout son rôle de trublion. Pratiquement personne, en effet, ne s'attendait à ce qu'elle refuse d'accorder une nouvelle fois le concordat judiciaire au SIC (Sabena Interservice Center), le pôle financier du groupe Sabena. Cette décision risquait bel et bien de déclencher un dangereux jeu de dominos: le SIC, sous concordat depuis le début du mois d'octobre 2001, constitue un élément essentiel dans le plan de relance d'une compagnie nationale, fondée sur la DAT. Mais il dispose aussi, pratiquement, d'un droit de vie ou de mort sur d'autres filiales de la compagnie aérienne faillie, comme Sabena Technics ou Sobelair, puisqu'il d...

Une surprise, une de plus ! Dans le dossier DAT, la présidente du tribunal de commerce de Bruxelles, Anne Spiritus-Dassesse aura joué jusqu'au bout son rôle de trublion. Pratiquement personne, en effet, ne s'attendait à ce qu'elle refuse d'accorder une nouvelle fois le concordat judiciaire au SIC (Sabena Interservice Center), le pôle financier du groupe Sabena. Cette décision risquait bel et bien de déclencher un dangereux jeu de dominos: le SIC, sous concordat depuis le début du mois d'octobre 2001, constitue un élément essentiel dans le plan de relance d'une compagnie nationale, fondée sur la DAT. Mais il dispose aussi, pratiquement, d'un droit de vie ou de mort sur d'autres filiales de la compagnie aérienne faillie, comme Sabena Technics ou Sobelair, puisqu'il détient d'importantes créances à leur égard. Explications.La DAT doit actuellement 110 millions d'euros (4,5 milliards de francs) au SIC. Or, la jeune compagnie, dont les liquidités s'élèvent à quelque 6,2 millions d'euros (2,5 milliards de francs), ne serait pas en mesure de rembourser cette dette, dans l'hypothèse où l'un ou l'autre créancier du SIC, mis en liquidation ou en faillite, exigerait de récupérer sa créance. Au lendemain de la décision du tribunal de commerce, les 53 créanciers du SIC (de grandes institutions bancaires belges et internationales, des sociétés de leasing d'avions ainsi que des fonds de pension japonais) ont officieusement renoncé à réclamer la saisie des biens du centre de coordination. Il est vrai qu'ils ont davantage d'espoirs de recouvrer un jour, en tout ou en partie, les montants qu'ils y ont investis, en donnant une chance à la DAT plutôt qu'en exigeant dès aujourd'hui d'être remboursés, ce qui est matériellement impossible.Pour 1 euro symboliqueLe SIC est appelé à jouer un rôle majeur dans le lancement de la nouvelle compagnie. Car les quelque 30 investisseurs, majoritairement issus du secteur privé, qui viennent de racheter les titres de la DAT pour 1 euro, ont conditionné leur participation à la recapitalisation de la compagnie aérienne à un sérieux coup de pouce de sa part. Les investisseurs n'injecteront 200 millions d'euros (8 milliards de francs) qu'à deux conditions: 1. les créanciers du SIC doivent renoncer au remboursement de la moitié de la dette de la DAT et accepter de convertir l'autre moitié en actions de la nouvelle compagnie. 2. Les sociétés qui ont financé l'achat des avions de la DAT sont invités à abandonner une partie de leur créance. Les créanciers du centre de coordination du groupe Sabena sont désormais censés coucher sur papier leur promesse d'abandon de créances vis-à-vis de la DAT. Un tel accord, pour lequel l'unanimité des votes est légalement requise, devrait intervenir d'ici au 15 janvier. Au-delà de cette date, les actions de la DAT reviendraient en effet aux curateurs et les chances de voir naître une nouvelle compagnie aérienne seraient définitivement compromises. Sans parler des liquidités de la DAT (un crédit de 20 millions d'euros lui a été accordé par plusieurs banques, il y a une quinzaine de jours), qui viendront immanquablement à lui manquer à la même période. Les créanciers du SIC ont par ailleurs obtenu qu'un observateur indépendant soit désigné pour contrôler la gestion du centre de coordination jusqu'à la mi-janvier. La direction du SIC a également interjeté appel contre la décision du tribunal de commerce, mais nul ne sait quand ce nouveau jugement tombera. Il y a fort à parier que l'histoire de la DAT se poursuivra, pour l'instant, sans tenir compte de cette procédure, qui risque d'être fort longue. Elle pourrait, en revanche, croiser le destin de Virgin Express, avec qui les négociations en vue d'une fusion s'accélèrent actuellement. La compagnie ainsi créée, basée à Bruxelles, opterait pour une clientèle d'hommes d'affaires et de touristes, intéressés par les principales villes européennes. Là aussi, chaque jour compte...