En nationalisant certaines banques, l'Etat américain va sûrement faire une excellente affaire. La crise financière a deux origines. L'une spéculative consistant à exagérer les pertes (réelles) liées aux subprimes et destinée à faire chuter les cours de la Bourse pour racheter ensuite. L'autre, fondée sur l'endettement étatique qui mobilise une part importante du crédit. Les dépenses de guerre se sont avérées jusqu'à présent comme étant négatives, sauf pour l...

En nationalisant certaines banques, l'Etat américain va sûrement faire une excellente affaire. La crise financière a deux origines. L'une spéculative consistant à exagérer les pertes (réelles) liées aux subprimes et destinée à faire chuter les cours de la Bourse pour racheter ensuite. L'autre, fondée sur l'endettement étatique qui mobilise une part importante du crédit. Les dépenses de guerre se sont avérées jusqu'à présent comme étant négatives, sauf pour l'industrie de l'armement. D'un autre coté, la puissance militaire US peut aussi attirer des capitaux, car ils se sentent ainsi sécurisés. On met toujours de l'argent dans des coffres-forts, car cette pratique est rassurante. Le dollar demeure toujours la monnaie d'échange internationale. De grosses quantités ont été créées, puisqu'il n'est plus indexé, comme toutes les monnaies d'ailleurs, sur l'étalon-or. Si la Fed venait à augmenter ses taux directeurs, la rentabilité de l'argent s'accroîtrait d'autant. Tout laisse à penser qu'une fois la crise passée le gouvernement américain dénationalisera les banques en réalisant de gros profits qui diminueront d'autant le déficit budgétaire. Il reste un seul point négatif qui résiderait dans une panique généralisée. Il en résulterait un séisme semblable à celui de 1929. Au-delà des propos lénifiants, répercutés par les médias dociles, tenus par nos gouvernements qui tentent de parer à l'urgence du présent en " nationalisant les pertes du monde financier ", le discours de fond reste : " Il faut tout changer pour que rien ne change " (G. Tomasi di Lampedusa, 1958), ce qui signifie qu'on ne changera que ce qui est indispensable sans modifier le dogme du " marché, état naturel de la société " (Alain Minc, 5/12/1994). Or nous devons prendre conscience que le monde de ce début de xxie siècle est à un tournant historique où se cumulent et s'entrechoquent crise alimentaire, crise climatique, crise énergétique, crise financière, demain crises économique et sociale. Un 1929 décuplé ! On n'aura rien vu venir mais on aura très mal : " Quand une logique (néolibéralisme) devient folle, il faut un coup d'arrêt révolutionnaire ", car, " face à la cohérence de cette logique, c'est une illusion totale d'espérer réguler, humaniser " (J.-F. Kahn, 29/08/2001). J.M. Schuller, Paris; Michel Vilain, Wemmel