Lors de l'apparition de la Covid-19 dans la province de Wuhan, la Chine est entrée en confinement dur tout au long du premier trimestre de 2020: fermeture des frontières, restriction des déplacements et des libertés et économie à l'arrêt.
...

Lors de l'apparition de la Covid-19 dans la province de Wuhan, la Chine est entrée en confinement dur tout au long du premier trimestre de 2020: fermeture des frontières, restriction des déplacements et des libertés et économie à l'arrêt. " Grâce à ces mesures, Pékin a eu la situation sous contrôle dès la fin du mois d'avril ", explique Pascal Coppens, auteur, entrepreneur technologique et sinologue chez Nexxworks. " L'économie a été relancée très prudemment mais les frontières sont restées fermées pour empêcher le virus d'entrer dans le pays. Alors que la pandémie frappait le monde entier, le pire était déjà passé en Chine. " L'approche du gouvernement chinois pour soutenir les entreprises a été complètement différente de la nôtre. " Il y a eu relativement peu de soutien pendant le confinement. Les autorités ont laissé les choses suivre leur cours. Comme on pouvait s'y attendre, un certain nombre d'entreprises ont fait faillite et les chiffres du chômage ont atteint des sommets. Mais une fois que l'économie a été autorisée à rouvrir, de nouveaux investissements et des infrastructures numériques supplémentaires sont venus la soutenir. " La Chine a également profité des confinements imposés ailleurs dans le monde. Pascal Coppens: " Quand l'économie mondiale a été mise à l'arrêt, les usines chinoises tournaient déjà de nouveau à plein régime. Les exportations chinoises ont augmenté en 2020 et le pays a également attiré toute une série de nouveaux investissements étrangers. Le fait que le pays ait été épargné par de nouveaux foyers épidémiques a malgré tout permis une croissance d'environ 2,3% au cours de l'année Covid-19. " Tout cela a véritablement boosté les Chinois. " Le pays a énormément changé. Avant, la population avait plutôt tendance à regarder avec envie ce qui se passait en Occident. Elle se rend compte aujourd'hui que le régime a extrêmement bien géré la crise sanitaire. Les gens y voient la confirmation que le système chinois fonctionne, politiquement, socialement et économiquement. Pékin s'est également affirmée. La Chine n'est plus uniquement l'usine du monde mais peut désormais aussi concurrencer les USA et d'autres puissances grâce à sa propre capacité d'innovation. " Le gouvernement s'en tient donc à son économie planifiée. Il nourrit par ailleurs de grandes ambitions: construire toute une série de nouvelles banlieues d'ici 2035, poser 32.000 km de lignes ferroviaires à grande vitesse supplémentaires et être climatiquement neutre d'ici 2060. " Il y aura énormément d'investissements, ce qui entraînera à son tour une nouvelle croissance économique ", affirme Pascal Coppens. " Quand on sait que l'Asie représente environ 37% de l'économie mondiale, il est surprenant que les investisseurs lui aient accordé si peu d'attention jusqu'à présent. En fait, un bon portefeuille d'investissement devrait toujours refléter cette proportion. "