Dans sa célèbre allégorie imaginée il y a deux mille quatre cents ans, Platon critiquait la société de son époque, axée sur les apparences, la séduction de la parole, le conformisme et les valeurs superficielles. Les hommes y sont décrits comme les prisonniers d'une caverne souterraine, enchaînés pour faire face à un mu...

Dans sa célèbre allégorie imaginée il y a deux mille quatre cents ans, Platon critiquait la société de son époque, axée sur les apparences, la séduction de la parole, le conformisme et les valeurs superficielles. Les hommes y sont décrits comme les prisonniers d'une caverne souterraine, enchaînés pour faire face à un mur éclairé par l'arrière et sur lequel défilent des silhouettes qu'ils prennent pour la réalité. Ils ignorent que ce qu'ils voient est une illusion orchestrée par des marionnettistes qui manipulent leur perception. Conditionnés au berceau, la méconnaissance de leur état les a rendus inaptes à réagir... La preuve est faite que le mode opératoire des marionnettistes nous a menés au bord du gouffre. Les bouleversements qui secouent la planète à un rythme exponentiel ne laissent plus de place au doute. Les nouvelles technologies fondées sur l'usage des algorithmes uniformisent nos comportements et nous maintiennent dans la léthargie. Obnubilés par les apparences et les images véhiculées par les médias, engoncés dans l'inertie générée par l'habitude, nous voilà peu enclins à la remise en question. En deux millénaires et demi, l'allégorie de la caverne de Platon n'a pas pris une ride. Pas plus que notre propension naturelle à nous accrocher aux certitudes. L'heure est venue de tourner le dos à l'illusion. De briser nos chaînes pour sortir au grand jour. D'affronter la réalité et d'activer notre capacité intrinsèque de résilience face à l'éblouissement que nous vaut la lumière du soleil. Tout en gardant à l'esprit qu'il s'agit là du prix à payer pour la liberté de pensée.