Votre dossier sur la transition énergétique (Le Vif/L'Express du 9 mai) m'a laissé pantois. Passons sur l'amalgame classique entre lutte contre le réchauffement climatique et sortie du nucléaire. Quand comprendra-t-on que si l'on veut lutter contre le réchauffement...

Votre dossier sur la transition énergétique (Le Vif/L'Express du 9 mai) m'a laissé pantois. Passons sur l'amalgame classique entre lutte contre le réchauffement climatique et sortie du nucléaire. Quand comprendra-t-on que si l'on veut lutter contre le réchauffement climatique (et c'est bien le postulat de l'article), il faut garder en activité nos centrales nucléaires qui, rappelons-le, n'émettent pas de CO2. Si pour d'autres raisons, essentiellement idéologiques, on veut se passer du nucléaire, il faut nécessairement recourir à des centrales à gaz et, de fait, accepter d'augmenter nos émissions de CO2... en tout cas, selon vos experts, jusqu'en 2050, année magique et vertueuse où tout fonctionnera avec les seules énergies renouvelables y compris l'alimentation de nos voitures qui seront, sans doute, toutes électriques. Mais ce tour de passe-passe du tout renouvelable ne va pas sans un petit inconvénient, que vos experts ne cachent pas : il faudra accepter des coupures sporadiques de courant quelques heures par hiver ! C'est hallucinant ! Pire, ces mêmes experts ajoutent que les ménages n'ont pas nécessairement besoin d'une sécurité d'approvisionnement ! Le changement de modèle ne va clairement pas dans le sens du progrès. Nous retournons cent ans en arrière. C'est bien la décroissance qu'on nous promet.