Banksy exposé dans une ancienne... banque. Voilà qui ne manque pas d'ironie quand on sait l'oeuf que l'intéressé ne cesse, non sans ambiguïté, de peler avec le capitalisme - heureusement, il s'agit également de la Maison des Archers, et de celle des Bateliers, patrimoines en vue de la Grand-Place de Bruxelles dont on nous assure que le présent barnum contribuerait à préserver...

Banksy exposé dans une ancienne... banque. Voilà qui ne manque pas d'ironie quand on sait l'oeuf que l'intéressé ne cesse, non sans ambiguïté, de peler avec le capitalisme - heureusement, il s'agit également de la Maison des Archers, et de celle des Bateliers, patrimoines en vue de la Grand-Place de Bruxelles dont on nous assure que le présent barnum contribuerait à préserver. Toujours est-il qu'il s'agit là de la contradiction la plus menue entourant Banksy: Genius or Vandal? , exposition-machine à cash formatée jusqu'à la moelle ayant déjà tourné à travers une petite vingtaine de villes du globe, de Las Vegas à Hong Kong.Rappelons-le pour ceux qui n'auraient pas suivi, outre que ce pompeux numéro de claquettes se fait sans l'aval de l'intéressé, la proposition est totalement coupée du contexte urbain dans lequel les oeuvres du graffeur de Bristol acquièrent leur sens. Que voit-on à travers ce parcours qui reprend quatre-vingts oeuvres authentifiées? Beaucoup de lithographies d'images qui ont déjà fait le tour du monde (Girl with Balloon, Fallen Angels...), des photos de Steve Lazarides qui a suivi l'artiste au début de sa carrière, une reconstitution de l'atelier en 3D, une projection immersive, ainsi qu'une inévitable balade dans Bristol par le biais d'un casque de réalité virtuelle. Le tout accompagné de légendes indigentes. "Il est assez difficile de réaliser une exposition d'un artiste dont personne ne sait rien", avoue un panneau qui en dit long sur le vide qui plane entre ces murs. Pire, à la question "C'est un original?", le guide, on a de la peine pour lui, proclame "Oui" sans hésiter. Avant de se rétracter. "Enfin, je crois." Suivi par "on ne sait jamais vraiment avec lui". On pense alors au philosophe Guy Debord et son "Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux".