Dès le moment où l'espéranto est devenu un phénomène connu, parlé par quelques dizaines de milliers de locuteurs, il s'est logiquement diversifié. On peut aussi remarquer que l'espéranto n'est qu'un bricolage à partir de quelques langues européennes. On est très loin d'une langue de synthèse universelle. " (Voir l'entretien de François Ost dans Le Vif/L'Express du 7 août.) Je me demande sur quelles bases reposent ces affirmations qui ne correspondent à rien de réel. Je reviens tout juste du 94e congrès universel d'espéranto, qui s'est déroulé fin juillet en Pologne, dans la ville natale de Zamenhof (...

Dès le moment où l'espéranto est devenu un phénomène connu, parlé par quelques dizaines de milliers de locuteurs, il s'est logiquement diversifié. On peut aussi remarquer que l'espéranto n'est qu'un bricolage à partir de quelques langues européennes. On est très loin d'une langue de synthèse universelle. " (Voir l'entretien de François Ost dans Le Vif/L'Express du 7 août.) Je me demande sur quelles bases reposent ces affirmations qui ne correspondent à rien de réel. Je reviens tout juste du 94e congrès universel d'espéranto, qui s'est déroulé fin juillet en Pologne, dans la ville natale de Zamenhof (...). Les 1860 congressistes de 64 pays ont, une fois de plus, constaté avec satisfaction que la langue universelle est efficace et homogène, malgré quelques différences de prononciation. (...) Non, l'espéranto ne s'est pas diversifié. L'académie y veille et le respect du "Fundamento" est toujours de rigueur. D'ailleurs, si une telle "diversification" avait eu lieu, ç'aurait été contre toute logique, puisque le but de l'espéranto est de communiquer facilement entre personnes du monde entier et nous gardons constamment à l'esprit cette volonté d'être compris au-delà des frontières et des cultures. (...) Elisabeth Barbay, Bondy (France), par courriel, citoyenne du monde Il me semble surprenant de prôner le multilinguisme, alors que François Ost ne parle que 3 langues. "Faites ce que je dis, pas ce que je fais" ? Certes la traduction a, et aura toujours, son utilité, mais cela ne résout pas le problème de la communication entre citoyens. De plus, comment peut-on "préserver sa langue maternelle", en approuvant le développement de l'anglais, qui est une langue maternelle imposée dans le rôle de langue internationale au détriment de toutes les autres langues ? Quant à l'anglais, langue de culture, cela ne fait pas de doute, mais qui d'entre nous a réellement accès à une maîtrise suffisante de l'anglais pour prétendre découvrir sa culture ? En ce qui concerne le fait qu'une langue véhicule une vision du monde, pourquoi privilégier la vision anglaise du monde au niveau planétaire ? (...) Denis Flochon, animateur du cours d'espéranto aux FUNDP Je me demande où M. Ost est allé trouver que l'on est très loin d'une langue de synthèse universelle. Il y a 16 règles de base, soit une grammaire d'une page ! Comment être plus synthétique ? L'espéranto est parlé par des personnes du monde entier : comment être plus universel ? L'idéal d'une langue universelle était une belle utopie bien avant la création de l'espéranto. De la même manière que le système métrique décimal était une utopie avant les années 1790. De la même manière que l'Union européenne et l'ONU étaient de belles utopies en 1940 ! Une communauté groupant de 4 à 12 millions de personnes parle l'espéranto, selon la fréquence d'utilisation. A cet égard, Internet a dopé le nombre de personnes qui le connaissent et le parlent. Attention à l'utilisation du mot " utopie " ! (...) Georges Sossois, président de l'Association pour l'espéranto en Wallonie