Le Liégeois est nageur, c'est peu de le dire. Avec une fréquentation annuelle de 100 000 usagers par bassin, les piscines d'Outremeuse et de Grivegnée attendaient depuis longtemps la mise à flot de la piscine de Jonfosse, qui succède ainsi aux bains publics de la Sauvenière, asséchés en 2000 et depuis reconvertis en musée (La Cité Miroir). Fraîchement inaugurée, elle offre trois espaces, qui devraient accueillir pas moins de 160 000 baigneurs par an une fois sa réouverture postlockdown autorisée : un grand bassin de 25 mètres (six couloirs), un bassin d'apprentissage et une aire de délassement pour les plus jeunes. Une relève chiffrée à plus de 16,2 millions d'euros qui se faisait attendre et qui permettra, à son tour, d'entreprendre de lourds travaux de rénovation des autres piscines publiques. Une bouffée d'oxygène pour les baigneurs, mais aussi pour les élèves et les clubs de la région.
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Le Liégeois est nageur, c'est peu de le dire. Avec une fréquentation annuelle de 100 000 usagers par bassin, les piscines d'Outremeuse et de Grivegnée attendaient depuis longtemps la mise à flot de la piscine de Jonfosse, qui succède ainsi aux bains publics de la Sauvenière, asséchés en 2000 et depuis reconvertis en musée (La Cité Miroir). Fraîchement inaugurée, elle offre trois espaces, qui devraient accueillir pas moins de 160 000 baigneurs par an une fois sa réouverture postlockdown autorisée : un grand bassin de 25 mètres (six couloirs), un bassin d'apprentissage et une aire de délassement pour les plus jeunes. Une relève chiffrée à plus de 16,2 millions d'euros qui se faisait attendre et qui permettra, à son tour, d'entreprendre de lourds travaux de rénovation des autres piscines publiques. Une bouffée d'oxygène pour les baigneurs, mais aussi pour les élèves et les clubs de la région. Inaugurées respectivement en 1972 et 1978, les piscines de Grivegnée et d'Outremeuse sont arrivées à un moment charnière après plus de quarante années de bons et loyaux services. " Soit on rénove en profondeur, soit on ferme ", déclare Roland Léonard, échevin liégeois en charge des travaux publics, des bâtiments et des espaces publics. Pour la Sauvenière, la décision a été prise de reconvertir le bâtiment et de construire un bassin neuf. Un choix de raison, pour l'échevin : " Le bâtiment était extrêmement vieux et le repoussement des investissements publics après les difficultés financières qu'a connues la ville dans les années 1980-1990 n'a pas aidé. Les coûts étaient gargantuesques, car on a longtemps reporté le problème. Aujourd'hui, on veut éviter ça. " Mais " reconstruire en ville a un coût ". D'où la décision de privilégier un scénario de restauration pour les piscines d'Outremeuse et de Grivegnée. Des travaux lourds pour un budget estimé de 13,6 millions d'euros et une remise à neuf intégrale qui impliqueront la fermeture temporaire, mais alternée, des bassins. " Pour l'usager, ce sera comme se rendre dans de nouvelles piscines, tant elles seront méconnaissables. Tout sera remplacé, même les bassins, qui seront des cuves en inox dotées d'un nouveau revêtement. " A l'origine des chantiers, un projet de longue date et un plan régional qui tombe à pic. En 2015-16, lorsque la Région wallonne lance son plan piscine, Liège y voit une opportunité. En plus d'un cofinancement régional de huit millions d'euros pour la construction de la piscine de Jonfosse, la ville introduit une demande pour la rénovation des piscines d'Outremeuse et de Grivegnée. " L'ambition est d'aller de l'avant par rapport à un état de vétusté avancé. Il faut éviter une catastrophe généralisée. " Des chantiers aussi conséquents qu'onéreux et qui doivent également prendre en compte des normes de sécurité accrues. Pour le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, les piscines sont " un investissement coûteux, mais nécessaire ". Et de prendre à témoin le succès des nouvelles installations à Jonfosse : " Les piscines, c'est très important. Les gens y sont très sensibles. Mais les piscines engendrent également des frais de fonctionnement que les entrées seules ne parviennent pas à couvrir. Les villes et communes doivent y aller de leur poche. " Un investissement d'autant plus important pour les pouvoirs publics que, pendant des années, on a massivement équipé les établissements sans pour autant assurer un niveau de maintenance suffisant. " Nous avons réalisé un inventaire qui démontre qu'au niveau de l'arrondissement, de nombreuses piscines sont soit en difficulté, soit vétustes, soit fermées. On essaie aujourd'hui de voir comment leur venir en aide et prolonger le plan piscine régional ", explique Willy Demeyer. Que ce soit pour la construction de la piscine de Jonfosse ou pour les restaurations à venir, la priorité porte sur l'accueil du plus grand nombre, ainsi que sur la sécurité des baigneurs. Outre des bâtiments flambant neufs, pour le quidam, pas de révolution apparente. La plus-value se fait ailleurs. " Les changements sont avant tout techniques, déclare l'échevin Roland Léonard. On a mis l'accent sur des moyens de chauffage performants et peu énergivores, une faible utilisation de chlore et une sécurité renforcée, notamment à l'aide de caméras subaquatiques qui viennent appuyer les maîtres-nageurs dans leur travail, par exemple en détectant les corps inertes. Nous avons aussi été attentifs à la qualité de l'accueil et à l'accessibilité pour tous. Moins aux aspects ludiques qui, au vu de notre budget, n'étaient pas une priorité. " Si les amateurs de baignade au grand air et de toboggans en tous genres regretteront peut-être le caractère trop fonctionnel des bassins liégeois, des projets sont à l'étude en vue de développer des aires de plaisance aquatique à ciel ouvert, comme on en retrouve l'été à Paris ou à Berlin. C'est du moins l'une des réflexions qui ressort du plan stratégique #Réinventons Liège, réalisé avec la participation des citoyens. Parmi les formules sur la table, l'aménagement d'aires de baignade dans les cours d'eau liégeois, voire l'installation de piscines temporaires dans les parcs en ville. " La technique est là. Il faut voir les coûts d'acquisition ", commente Roland Léonard. Si on ne sent pas une volonté de fer d'avancer en ce sens, qui sait... Un été assigné à résidence fera peut-être évoluer les mentalités, pour le plus grand bonheur des baigneurs en eau douce.