Arts contemporains La peinture aujourd'hui, par Tony Godfrey

Dans les années 1970, la critique (puis la mode) annonce la mort de la peinture au profit du seul art conceptuel. Tony Godfrey, qui a publié une étude sur celui-ci, constate aujourd'hui que, malgré ce raz de marée, la peinture n'a cessé d'intéresser bien du monde. De Cy Twombly, Bacon, Freud, Rothko à Polke, elle a permis que se dessine une extraordinaire créativité dont on doit aujourd'hui reconnaître la pertinence. Partant donc de ces pionniers, l'auteur montre combien les grandes questions, voire les genres eux-mêmes, sont aujourd'hui pris d'assaut par les nouvelles générations : paysage, nature morte, peinture d'histoire existent bel et bien dans les £uvres de ces 240 artistes choisis.
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Dans les années 1970, la critique (puis la mode) annonce la mort de la peinture au profit du seul art conceptuel. Tony Godfrey, qui a publié une étude sur celui-ci, constate aujourd'hui que, malgré ce raz de marée, la peinture n'a cessé d'intéresser bien du monde. De Cy Twombly, Bacon, Freud, Rothko à Polke, elle a permis que se dessine une extraordinaire créativité dont on doit aujourd'hui reconnaître la pertinence. Partant donc de ces pionniers, l'auteur montre combien les grandes questions, voire les genres eux-mêmes, sont aujourd'hui pris d'assaut par les nouvelles générations : paysage, nature morte, peinture d'histoire existent bel et bien dans les £uvres de ces 240 artistes choisis. Phaïdon, 448 p. Quelques textes courts et des pleines pages de photographies contemporaines. Au total, l'impression qu'il existe bel et bien une photographie anglaise originale. Trois axes dominent cette production : d'abord, le délire avec ce regard ironique et tendre, coloré et sucré sur les gens de la rue et ceux des boudoirs. Ensuite, le genre portrait, profond, incisif, implacable tant en noir et blanc qu'en teintes vives. Enfin, la nature, le plus souvent méditative, même si, là aussi, l'acide n'est jamais loin. Au final : 45 photographes et un tour d'horizon qui met l'eau à la bouche. Ed. l'insensé, 153 p. Que s'est-il passé de neuf depuis ces cinq dernières années dans le domaine de la sculpture et de l'installation ? Pour y répondre, Anne Ellegood a fait appel à des critiques de différents coins de la planète. Résultat : 117 portraits et un nombre important d'£uvres reproduites. Parmi les heureux élus, notons la présence de nos Belges Jan De Cock (qui, il est vrai, travaille à New Nork) et Berlinde De Bruyckere. La mondialisation (ici, 27 pays convoqués) n'empêchent décidément pas les singularités ni les différences d'approche, qu'elles soient scéniques, techniques ou conceptuelles. Phaïdon, 352 p. Des images pour rêver de départs en vacances, de traversées, de montagnes, de lacs lointains exotiques à bord de ces grandes et ténébreuses machines des temps passés. Nostalgie ? Paris-Nice en quinze heures, Paris-Zermatt en vingt heures. Mais dans le luxe, le calme et la volupté. Des affiches à rêver longtemps. Une histoire de la pub ferroviaire qui démarre à la fin du xixe siècle et se termine à l'heure du TGV. Citadelles & Mazenod, 200 p. Josse Goffin (né en 1938) fait partie de cette tribu de " communicateurs " rares qui mettent bien du temps à faire simple. Ses affiches ont fait le tour du monde. Couleurs d'aquarelles, découpes précises, sourires en coin. Un art alimenté par des exercices de sculpteur et un sens du récit mis à la disposition d'illustrations de livres d'enfant... ou de poèmes. Ed Racine, 160 p. En 1945, une exposition à Venise réunit l'essentiel de ce que la Sérénissime a produit au fil des siècles. Jamais plus on ne pourrait rêver à un tel déploiement. Pendant soixante ans, ce même chercheur n'a de cesse d'approfondir ses connaissances de la peinture vénitienne. A partir de ces enquêtes et des travaux de synthèse de Roberto Longhi, autre grand spécialiste, Enrico Maria Dal Pozzolo construit un livre phare. Aux côtés des artistes célèbres (Bellini, Titien, Véronèse...), on trouve tous ces autres à leur tour mis en perspective. On apprécie aussi le choix des tableaux qui offre une place non négligeable aux £uvres moins souvent reproduites. On songe à La Sagesse, de Titien, conservée dans un cadre impressionnant à la bibliothèque Marciana ou encore à La Vanité, de Pietro della Vecchia, détenue par la banque populaire de Vicence. Ed Actes Sud, 384 p. Profitant des campagnes de restauration de certaines £uvres, l'ouvrage livre en pleines pages les détails des tableaux du maître florentin. Un régal pour les yeux. Côté textes, outre la reprise de l'analyse inégalée d'André Chastel, Cristina Acidini aborde le contexte politique et propose, face à chaque reproduction, une page de commentaires puisant, entre autres, dans les sources d'inspiration du peintre. Flammarion, 320 p. Serait-ce le but de la peinture que de nous tromper ? De nombreuses légendes et anecdotes ont traversé l'Histoire en ce sens et les penseurs du xviie siècle y croyaient dur comme fer. Pourtant le terme " trompe- l'£il " ne fut inventé qu'au xixe siècle. Soit au moment de la photographie naissante. Mais alors de quoi s'agit-il ? En réalité de nous surprendre. Mais notre étonnement croit encore dès que nous savons qu'il s'agit là d'un leurre. Notre plaisir vient de cet écart soudain et aussitôt suivi par un autre lié à l'approche critique des moyens : comment a-t-il fait ? L'histoire de ce genre particulier toujours renaissant convoque autant le tableau de chevalet que les murs, les plafonds, voire les sols. Et ce, jusqu'au vertige. Citadelles & Mazenod, 400 p. Elle mesure 130 mètres de longueur et 6 mètres de hauteur. La tapisserie de l' Apocalypse, chef-d'£uvre du xive siècle, s'étire donc sur 775 mètres carrés, un record absolu. Divisée en 84 tableaux, elle traversa les siècles en perdant peu à peu de son éclat chromatique. En 1981, une restauration révèle qu'après avoir retiré la toile qui protégeait l'arrière, les teintes sont éblouissantes. Il n'en fallait pas plus pour enthousiasmer l'éditrice Diane de Selliers qui décide d'en faire son livre de l'année. Avec la complicité scientifique de Paule Amblard, elle chercha aussi à combler les lacunes par la reproduction de manuscrits du xiiie siècle d'origine anglo-saxonne qui aurait influencé le créateur Hennequin de Bruges. Le texte intégral des visions de saint Jean à Patmos est à son tour explicité par l'historienne. Diane de Selliers, 408 p. Suite à une certaine conception de l'art (merci Aristote) qui sépare l'ekphrasis (la valeur d'une description qui use des mots) et la mimesis (la ressemblance, but de l'art), rares sont, avant le romantisme, les écrivains qui ont osé dessiner.. et le montrer. Mais avec l'élargissement des frontières (art des enfants, primitif, brut..) venue avec la modernité, ils sont aujourd'hui plus nombreux à affirmer ce dédoublement de leur créativité : de Goethe et William Blake à Victor Hugo, d'André Breton à Garcia Lorca, d'Henri Miller à Ionesco, Günter Grass, Klossowski et Michaux. L'ouvrage nous offre un panorama qui en surprendra plus d'un : connaissiez-vous le Théophile Gautier peintre ? Les aquarelles de Charlotte Brontë ? Au fil des générations, de nouvelles questions se posent... aux mots et aux images. Citadelles & Mazenod, 240 pages. 22 auteurs ont chacun choisi une £uvre du Louvre. A partir de là, ils ont imaginé une nouvelle qui ne relève ni de la description et pas davantage du commentaire. Imagination, quand tu nous tiens.l Ed. Skira-Flammarion, 160 pages.