Lorsque l'Union soviétique s'est effondrée, emportant avec elle l'ambition de l'idéal communiste, les populations de nombreux pays d'Europe centrale ont dû, non sans écueil, apprendre à goûter à la liberté à l'occidentale. Journaliste au quotidien polonais Gazeta Wyborcza, Witold Szablowski raconte ce défi dans Les Ours...

Lorsque l'Union soviétique s'est effondrée, emportant avec elle l'ambition de l'idéal communiste, les populations de nombreux pays d'Europe centrale ont dû, non sans écueil, apprendre à goûter à la liberté à l'occidentale. Journaliste au quotidien polonais Gazeta Wyborcza, Witold Szablowski raconte ce défi dans Les Ours dansants (1), florilège de reportages dans les "contrées de la Transformation". Le titre du livre réfère à l'obligation faite aux Tziganes montreurs d'ours de mettre fin à leurs activités après la chute du communisme en Bulgarie sous la pression d'une association autrichienne de défense animale, Quatre pattes. Au début des années 2000, tous les ours dressés à la dure pour faire quelques pas de danse devant les touristes ont été confisqués et accueillis dans un parc d'où ils étaient censés être réintroduits dans la nature. Mais comme pour les citoyens d'Europe centrale et orientale, suggère l'auteur, cet apprentissage de la liberté après des années de servitude parfois confortable n'est pas allé de soi. Witold Szablowski emmène le lecteur dans d'autres lieux où la découverte de la liberté postcommuniste a créé des problèmes mésestimés: dans les relations entre russophones et nationaux en Estonie, auprès des supporters du criminel de guerre Radovan Karad¸i? en Serbie et au Kosovo, chez les nostalgiques de Staline en Géorgie où il est né, parmi les anticastristes côtoyant les touristes à Cuba... Un périple riche et instructif, que gâche un peu l'absence de recadrage par l'auteur des propos discriminants contre les Tziganes de certains de ses interlocuteurs bulgares.