A la fin de 2008, dès les premiers échos d'ingérence du gouvernement dans les décisions judiciaires concernant l'affaire Fortis, un ponte de la police fédérale a déclaré : " Voilà l'affaire Dutroux de la magistrature. " C'est probablement pourquoi le Parlement fédéral s'est prêté à un simulacre d'enquête dans le but de sauver la majorité gouvernementale et la magistrature. D'une commission d'enquête digne de ce nom il ne fut jamais question. Dès lors, les concl...

A la fin de 2008, dès les premiers échos d'ingérence du gouvernement dans les décisions judiciaires concernant l'affaire Fortis, un ponte de la police fédérale a déclaré : " Voilà l'affaire Dutroux de la magistrature. " C'est probablement pourquoi le Parlement fédéral s'est prêté à un simulacre d'enquête dans le but de sauver la majorité gouvernementale et la magistrature. D'une commission d'enquête digne de ce nom il ne fut jamais question. Dès lors, les conclusions auxquelles cette commission a abouti à la mi-mars ont été accueillies avec des ricanements avant même qu'elles n'aient été mises au net. Les tentatives entreprises par certains membres de la commission de se servir de la juge Christine Schurmans comme bouc émissaire produisent maintenant l'effet inverse. Celle-ci fut/est suspectée d'avoir révélé prématurément, par l'intermédiaire de son époux, au ministre de la Justice Jo Vandeurzen et aux services du Premier ministre Leterme la teneur de l'arrêt de la 18e chambre de la cour d'appel de Bruxelles, un arrêt qui s'est avéré défavorable au gouvernement. A la mi-juin, la juge Schurmans a introduit une requête auprès de la Cour européenne des droits de l'homme. Elle a ainsi donné, involontairement, un nouvel élan à l'instruction menée par le conseiller de la cour d'appel de Gand Henri Heimans concernant la genèse de l'arrêt Fortis en appel. Une série de communications par GSM et SMS entre magistrats et avocats ont suscité tout particulièrement l'attention de Heimans. Si celui-ci peut mener son enquête jusqu'au bout, il se pourrait bien qu'il mette aussi au jour des contacts douteux établis à l'occasion du premier jugement Fortis, rendu au tribunal de commerce de Bruxelles. La juge Francine De Tandt s'y était rangée avec une remarquable fermeté aux conclusions de l'avocat du gouvernement, aux antipodes de l'avis négatif exprimé par le représentant du ministère public Paul D'Haeyer. A ce moment-là, celui-ci avait déjà l'impression, a-t-il laissé entendre, que des choses s'étaient tramées dans " d'arrière-salles obscures ". Une affirmation retentissante que la commission d'enquête parlementaire n'a jamais creusée. TOUTES LES CHRONIQUES " Vu de Flandre " SUR WWW.LEVIF.BERIK VAN CAUWELAERT, Directeur de KnackLes tentatives de se servir de la juge Schurmans comme bouc émissaire ont produit l'effet inverse