Son accent zinneke ne laisse aucun doute : plus belge, tu meurs ! A 53 ans, Julie a connu presque toutes les facettes de la prostitution. " Mais je n'ai jamais été maquée. " Elle revendique la reconnaissance de son métier, même si elle avoue ne pas aimer le sexe. " OK, je prends mon pied de temps à autre. Pour le reste, j'attends que ça passe. " Elle a commencé jeune, à 24 ans. " Je tenais la caisse dans un bar à filles sur la route Courtrai-Bruges. Je me suis vite retrouvé...

Son accent zinneke ne laisse aucun doute : plus belge, tu meurs ! A 53 ans, Julie a connu presque toutes les facettes de la prostitution. " Mais je n'ai jamais été maquée. " Elle revendique la reconnaissance de son métier, même si elle avoue ne pas aimer le sexe. " OK, je prends mon pied de temps à autre. Pour le reste, j'attends que ça passe. " Elle a commencé jeune, à 24 ans. " Je tenais la caisse dans un bar à filles sur la route Courtrai-Bruges. Je me suis vite retrouvée en vitrine. Les prostituées sont souvent des femmes qui ont beaucoup souffert dans leur jeunesseà " Six ans plus tard, elle rencontre le " prince charmant ", quitte le milieu et vit douze années de bonheur. A 42 ans, elle se sépare. " J'étais sans rien. Je n'ai pas eu d'autre choix que de revenir à la prostitution. " Elle loue son corps dans un bar-vitrine de la route Gand-Courtrai. " La règle était de donner la moitié de ce qu'on gagnait à la patronne du bar. " Ensuite, elle s'exile dans le quartier Nord de Bruxelles, rue Verte, à Saint-Josse. " Il y a dix ans, la commune nous taxait, par an, 25 000 francs le mètre de vitrine. Les filles se sont rebellées. La commune a alors taxé les propriétaires à qui nous louions les rez-de-chaussée. Ceux-ci nous ont fait douiller. Bref, rien n'a changé. " L'Etat proxénète ? " Sur ma feuille d'impôt, je me déclare comme représentante de commerce en bougiesà " Pour Julie, ce fut tout de même une belle époque. Mais le quartier a évolué. Il n'est plus aussi sûr qu'auparavant. " Les clients friqués le désertent. "Il y a deux ans, elle a tenté sa chance à la Villa Tinto, l'éros-center d'Anvers. " J'avais payé un box pour huit heures. Je suis restée trois heures et j'ai fui, dégoûtée, en chialant comme une Madeleine. Un supermarché du sexe. Les mecs nous détaillent comme un morceau de viande. " Désormais, elle reçoit les clients à son domicile privé, dans sa villa de La Panne. " Ça défile moins, mais je suis tranquille et c'est plus chaleureux. Je place des petites annonces dans des journaux locaux, à la rubrique massage, car, de La Panne à Ostende, la prostitution n'est pas tolérée. Faut voir les yeux du pharmacien du coin quand je vais acheter une boîte de 48 préservatifs. " Julie éclate d'un rire rauque. Elle ne sait pas combien de temps elle va encore travailler. " L'argent, je le gagne vite mais pas facilement. C'est un boulot très dur. Physiquement et psychologiquement. " Le cendrier devant elle est rempli de mégots de cigarettes.