En six ans, vous avez connu l'opposition, puis un retour aux affaires en 2016 et, finalement, des départs sur votre " liste Mayeur " sortante. Pourquoi continuer ?
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En six ans, vous avez connu l'opposition, puis un retour aux affaires en 2016 et, finalement, des départs sur votre " liste Mayeur " sortante. Pourquoi continuer ? Ma commune, je la connais parfaitement. Comme je suis bourgmestre depuis vingt et un ans, j'ai l'expérience pour donner des conseils aux jeunes qui sont sur ma liste. Je ne suis pas accro au pouvoir. Simplement, ce statut me plaît. La population a raison de bouder les politiques qui leur mentent trop souvent. Moi, je leur dis ce qu'il est possible de faire et ce qui ne l'est pas. Je dis la vérité et nous verrons en octobre si ça leur plaît toujours. Dans le contexte actuel, ce rôle est-il plus ingrat ? Il est plus difficile en tout cas. Avant, on avait plus de considération pour le bourgmestre. Quand Charles Aznavour monte sur scène à 92 ans, on l'applaudit. Quand un bourgmestre se présente à bientôt 85 ans, on le critique. Ma longévité en politique, je pense la mériter. Je suis à la commune dès 6 h 30, je pars à 19 heures, personne d'autre ne fait cela ici. Et dans une commune comme la nôtre (NDLR : 19 074 habitants), je n'ai aucun expert ou universitaire pour préparer mes dossiers. Ma philosophie, c'est d'être disponible au maximum, et je le suis. J'ai connu l'époque où un bourgmestre pouvait prendre des décisions tout seul. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Mais ce n'est pas plus mal : maintenant, on doit convaincre, plus encore qu'avant. Vous vous êtes plaint, l'année dernière, de votre salaire... Je maintiens ce que j'ai dit. Je touche 3 500 euros par mois pour assumer de nombreuses responsabilités, y compris sur le plan pénal. Je pense que les bourgmestres des communes significatives devraient gagner au moins autant que les députés (NDLR : environ 6 000 euros net par mois), dont certains se contentent de lever la main deux fois par an, avec un staff bien plus important que le mien. Pour vous, ce scrutin sera le plus difficile de tous. Que ferez-vous si vous n'êtes plus bourgmestre ? On verra bien ce qu'exprime la population. Je resterai peut-être conseiller communal, mais je ne veux pas me poser la question à ce stade.